Cannes: Adèle Haenel, l’actrice qu’on croise souvent sur la Croisette

CINEMA La plupart de ses films ont été présentés à Cannes. Ses deux derniers, «Les Combattants» et «L'Homme qu'on aimait trop», ne font pas exception…

Stéphane Leblanc

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Kévin Azaïs et Adèle Haenel dans Les Combattants
Kévin Azaïs et Adèle Haenel dans Les Combattants — Haut et court

D’Adèle Haenel, André Téchiné dit qu’elle est la future Isabelle Adjani. Une vraie nature, brut de décoffrage, au jeu pourtant tout en nuances. Repérée en 2002 dans Les Diables, de Christophe Ruggia, cinq ans avant d’être véritablement révélée dans Naissance des pieuvres de Céline Sciamma, elle a remporté un César du meilleur second rôle avec Suzanne de Katell Quillévéré qui lui a apporté «la reconnaissance du métier».

Depuis, Adèle Haenel enchaîne les rôles. «C’est tombé comme ça», concède modestement celle qui fait partie des jeunes actrices françaises les plus demandées, parmi quelques autres, également présentes à Cannes: Céline Sallette (Géronimo), Anaïs Demoustier (Bird people), Adèle Exarchopoulos (Qui Vive) ou Léa Seydoux (Saint Laurent).

Faire semblant de se battre

Comme elles, Adèle Haenel est depuis plusieurs années une habituée de la Croisette, sauf qu'elle apparait cette année dans deux films. Et joue deux personnages très différents. Une fille qui rêve de s’engager dans l’armée dans Les Combattants, épatant premier film de Thomas Cailley présenté dimanche à la Quinzaine des réalisateurs. «C’est un rôle qui me correspond bien», explique cette sportive qui «a trouvé marrant de faire semblant de se battre» et qui «aime bien, de manière cyclique, déjouer les clichés sur ce que doivent être un homme et une femme».

Mercredi, Adèle changera de peau pour devenir Agnès Le Roux, la richissime héritière victime de Maurice Agnelet, dans L’Homme qu’on aimait trop, l'adaptation du fait divers qu'André Téchiné présente hors compétition…

Un accompagnement de dingue

Ce qu’elle est devenue aujourd’hui, Adèle Haenel estime le devoir «au regard» porté sur elle par ses metteurs en scène. Céline Sciamma lui a offert «un accompagnement de dingue»: «On a grandi ensemble, elle a été ma première partenaire de réflexion, ce qu’elle m’a apporté est tellement vaste… Aujourd’hui, on est comme des doubles.» Si Bertrand Bonello, sur L’Apollonide, lui a appris «comment mettre les sentiments au service de la mise en scène», Katell Quillévéré lui a apporté «la légèreté», Thomas Cailley «l’humour» et André Téchiné «l’art de trouver la vérité quand on est dans la brume». Jolis présents.