Comment Saint Laurent s’est affranchi du documentaire pour devenir une fiction…

Cannes Bertrand Bonello et son scénariste Thomas Bidegain expliquent comment ils racontent une histoire à partir d'éléments biographiques incontestables...

De notre envoyé spécial à Cannes, Stéphane Leblanc
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Bertrand Bonello (à dr.) et Gaspard Ulliel
Bertrand Bonello (à dr.) et Gaspard Ulliel — NIVIERE/VILLARD/SIPA

Non, Saint Laurent n’est pas un biopic!, «mais une odyssée dans la tête d’un créateur», nuance Gaspard Ulliel, qui incarne le couturier dans le film de Bertrand Bonello. Une odyssée relativement chronologique, mais délibérément non linéaire. Plutôt thématique, «en trois parties, le jeune homme, la rock star et les limbes, qui fonctionnent sur des contraste et s’amplifient les unes par rapport aux autres», confirme le scénariste Thomas Bidegain, rencontré ce dimanche avant un débat professionnel à la Maison des scénaristes.

Rien qui ne soit de notoriété publique

C’est aussi le talent d’écriture de Bertrand Bonello, que d’avoir su composer avec l’hostilité affichée de Pierre Bergé pour son projet. «Je ne raconte rien dans le film qui ne soit pas de notoriété publique, insistait-il samedi devant la presse. A partir de ce moment là, tout dans le script n’est que point de vue et choix personnel. Saint Laurent est un film de fiction à partir d’éléments réels.»

D’accord, mais comment la réalité nourrit-elle le récit et comment la fiction se libère-t-elle du documentaire? Thomas Bidegain ose l’analogie avec Wikipédia comme exemple à ne pas suivre. «C’est sans doute parce qu’on a pris la liberté de faire ce qu’on avait envie que Pierre Bergé s’est opposé à nous, mais c’est aussi parce qu’il s’est opposé à nous qu’on a pu faire ce qu’on voulait». Concrètement, le tandem a «accumulé le plus de matière documentaire possible, avant d’enlever un à un tous les échafaudages: les éléments qu’on trouve dans les fiches Wikipédia et qui font trop souvent le sel des biopics», conclut le scénariste attitré de Jacques Audiard.

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