Jacqueline Bisset: «J’ai cherché la femme, pas Anne Sinclair»

CANNES Rencontre avec Jacqueline Bisset qui interprète Simone Devereaux, l'épouse de Gérard Depardieu dans «Welcome to New York»…  

De notre envoyée spéciale à Cannes, Anne Demoulin

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Jacqueline Bisset et Gérard Depardieu sur le tournage du film d'Abel Ferrara, vendredi 3 mai 2013 à New York.
Jacqueline Bisset et Gérard Depardieu sur le tournage du film d'Abel Ferrara, vendredi 3 mai 2013 à New York. — SIEGEL JEFFERSON/SIPAUSA/SIPA

Aux côtés de Gérard Depardieu, Jacqueline Bisset interprète Simone Devereaux, l’épouse de Georges Devereaux (Gérard Depardieu) dans Welcome to New York, le film d’Abel Ferrara, librement adapté de l’affaire DSK. Elle explique à 20 Minutes comment elle a abordé ce rôle, inspiré d’Anne Sinclair.

Pourquoi avoir participé à «Welcome to New York»?

Abel Ferrara et Gérard Depardieu, tout simplement. J’avais vu Bad Lieutenant il y a quelques années et je me suis dit que j’aimais beaucoup sa force et sa rudesse. J’avais envie de faire partie de ce genre de monde, d’être filmée de façon rude.

Isabelle Adjani avait également été pressentie pour le rôle

Quand j’ai discuté pour la première fois sur Skype avec Abel Ferrara, je ne pensais pas avoir le rôle. Je ne savais pas si le film allait se faire et Abel Ferrara ne savait pas vraiment ce qu’il voulait faire. Et je pensais qu’il y avait beaucoup d’autres prétendantes pour le rôle. Et puis, je n’ai plus pensé à ça. Trois semaines plus tard, il m’a dit que j’avais le rôle.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce personnage?

Cette femme est dans une situation impossible, je trouvais cela intéressant. La partie polémique ne m’intéressait pas. Le rôle de Simone est inspiré de Anne Sinclair, mais Anne Sinclair est pleine de clarté, de beauté, de luminosité. Simone n’a pas cette partie de cette femme. C’est dommage, j’aurai aimé avoir des scènes où j’étais autre chose qu’une femme fâchée.

Comment avez-vous abordé ce rôle?

J’ai cherché la femme. Je me suis demandé ce qu’une femme pouvait ressentir émotionnellement dans cette situation. En tant que femme, on a une sympathie pour n’importe qu’elle femme qui vit ce genre de chose.

La partie huis-clos avec Gérard Depardieu a beaucoup été improvisée...

Franchement, la plupart des scènes dans la maison ont été improvisées, avec une base dans le scénario. Mais Abel Ferrara nous disait de mettre le scénario de côté, d’y aller…

Ces scènes ont été tournées à Tribeca dans la maison qui a abrité DSK et Anne Sinclair …

Dans la maison, il n’y avait quasiment rien physiquement.  L’atmosphère de la maison était chargée de l’histoire. Le son de la rue ne pénètre pas dans la maison. La lumière qui descendait du 3e étage me mettait mal à l’aise. Je me suis dit que mon personnage serai laid devant son époux. Et je savais que je dirai des choses pas jolies, je ne savais pas où j’allais aller, mais je savais que je devais affronter cette situation. C’était inconfortable. C’était une curieuse scène parce que je ne connaissais pas Gérard…

Et justement cette première collaboration avec Gérard Depardieu?

Travailler avec lui a été agréable. Mais il comprenait très peu l’anglais et il a du travailler beaucoup. Par moment, il était inquiet de tout ça...

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