Avec «May in the Summer» en Jordanie, il y a de la complicité dans l'air

CINEMA Cette jolie chronique au féminin offre aussi un tableau fascinant de la Jordanie actuelle...

Caroline Vié

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Cherien Dabis dans «May in the Summer».
Cherien Dabis dans «May in the Summer». — Memento Films Distribution

On avait remarqué la réalisatrice américano-palestinienne Cherien Dabis en 2009 avec Amerrika où elle décrivait l’adaptation difficile d’une Palestinienne aux Etats-Unis. May in the Summer, son deuxième long-métrage poursuit son étude sur le multiculturalisme.

Une chronique au féminin

Elle y incarne le personnage principal: une chrétienne, Américaine d’adoption, venue passer l’été à Amman, en Jordanie, pour préparer son mariage en famille. Entre sa mère qui désapprouve ses noces avec un musulman et ses sœurs aux caractères bien trempés, les rapports sont vite explosifs… La sincérité affleure dans cette chronique au féminin riche en scènes touchantes. Si l’ensemble souffre de légères baisses de régime, l’énergie des actrices (notamment Hiam Abbass, toujours exceptionnelle dans le rôle de la maman) emporte le morceau. Une scène épatante filmée au bord de la Mer Noire confirme que la cinéaste s’y entend pour capter la complicité féminine.

Entre modernité et tradition

La découverte de la Jordanie actuelle se révèle également passionnante pour le spectateur guidé cette observatrice fine qui pointe du doigt la difficulté de concilier tradition et modernité. «Tourner là-bas sonnait donc comme une évidence car mon film ambitionne de montrer précisément la contradiction entre ce mépris pour la politique étrangère américaine et cette fascination pour sa culture», déclare Cherien Dabis. Les regards concupiscents dont les messieurs entourent la belle quand elle fait innocemment son jogging témoignent d'un choc de civilisations que la réalisatrice dépeint avec acuité.