Festival de Cannes: La jeunesse en marche à la Semaine de la critique

CINEMA Le nouveau film du réalisateur de «Donoma» en ouverture, un film de loup-garou danois et un film américain de zombies en compétition... La Semaine de la critique met en avant la jeunesse pour renouveler le cinéma d’auteur…

Stéphane Leblanc

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L'actrice française Kate Moran sur l'affiche de la 53e Semaine de la Critique, pour le Festival de Cannes 2014.
L'actrice française Kate Moran sur l'affiche de la 53e Semaine de la Critique, pour le Festival de Cannes 2014. — Semaine de la Critique

La plus ancienne des sections parallèles du festival de Cannes promet cette année «un cinéma qui avance, se renouvelle, porte un regard curieux, inventif sur le monde qui l’entoure, et qui a plaisir à frayer avec le cinéma de genre», note dans un communiqué de presse Charles Tesson, son délégué général.

Dans cette sélection qui ne retient que les premières ou secondes réalisations de leurs auteurs, deux films en compétition sont particulièrement visés: It Follows, de l’Américain David Robert Mitchell, «un film pop, captivant, peuplé de spectres et de morts-vivants» sur l’adolescence. Et When Animals Dream (Når Dyrene Drømmer), du Danois Jonas Alexander Arnby, un film de loup-garou au féminin «et même un film de loup-garou féministe», précise Charles Tesson qui voit là «un beau film sur l’affirmation de soi».

Fables réalistes

Les autres films en compétition tiennent plus de la fable réaliste, teintée tour à tour de drame, de poésie, d’humour. Self Made, de l’Israëlienne Shira Geffen dresse le portrait, sur un mode burlesque, mêlant légèreté de ton et gravité du propos, d’une Israélienne et d’une Palestinienne. Hope, du Français Boris Lojkine, raconte l’odyssée d’un jeune couple noir africain qui tente de rallier l’Europe. «On a entendu parler de cette réalité mais aucun film ne l’a jamais montrée avec une telle dimension intransigeante et réaliste», souligne Charles Tesson.

Più buio di mezzanote, de l’Italien Sebastiano Riso, évoque le parcours initiatique d’un jeune garçon en fugue qui aspire à devenir chanteur. Gente de bien, du Colombien Franco Lolli, les relations entre un enfant et son père qui suscite une émotion comparable, selon Charles Tesson, «à celle de certains films d’Ozu». Mais aussi The Tribe (Plemya) de l’Ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy, sur la vie dans un pensionnat d’étudiants sourds-muets organisés en gang mafieux, sur fond de racket et de prostitution. Les personnages s’expriment en langage des signes, ce qui offre «un ballet virtuose, vertigineux et hallucinant», note Charles Tesson. Ce film pourrait bien être l’un des sommets de cette compétition.

Le réalisateur de «Donoma» et Mélanie Laurent

Hors compétition, on aura plaisir à découvrir en ouverture le nouveau film de Djinn Carrénard, le réalisateur de Donoma. FLA (pour Faire L’Amour, NDLR) met aux prises une jeune hôtesse de l’air, un musicien en devenir et une détenue en permission qui cherche à revoir son fils. «La puissance dramatique, alliée à la profondeur des personnages et des situations, font de ce film un véritable choc», prévient Charles Tesson.

Ôdes à la jeunesse encore avec Respire, deuxième réalisation de la comédienne Mélanie Laurent, sur la relation passionnelle entre deux lycéennes (Lou de Laâge et Joséphine Japy), sur fond de manipulation et de mensonge. Avec L’Institutrice (Haganenet), de l’Israélien Nadav Lapid, où une instit est subjuguée par un enfant de 5 ans, surdoué en poésie, au point de croire qu’il va sauver Israël. Ou avec Hippocrate, de Thomas Lilti, en clôture, sur la rivalité pleine de vie et d’humour entre deux internes campés par Reda Kateb et Vincent Lacoste.