Un viol peut-il être «Une histoire banale» ?

CINEMA Marie Denarneau est exceptionnelle en jeune femme qui tente de se reconstruire après un viol...

Caroline Vié

— 

Une histoire banale
Une histoire banale — Six Onze Films

Marie Denarneau est absoument bouleversante dans Une histoire banale d'Audrey Estrougo. Sans le moindre voyeurisme, la réalisatrice décrit comment une jeune femme bien dans sa peau et dans sa vie sombre du jour au lendemain à la suite d'un viol.

Le talent multiplié par deux

L'actrice des Adoptés (Mélanie Laurent, 2011) et la réalistatrice de Toi, moi et les autres (2009) ont tourné cette oeuvre forte avec un budget minime de 8000 euros et une grande détermination à raconter cette histoire poignante. Financées en toute indépendance par une collecte sur Internet et épaulées par une équipe bénévole, ces femmes talentueuses donnent corps à ce que la réalisatrice définit comme deux protagonistes: son héroïne et la douleur qu'elle subit après son agression.

Sans concession et sans voyeurisme, Une histoire banale témoigne d'un mal invisible et insupportable. Le spectateur reste sous le choc de cette oeuvre majeure.