«Nebraska» ou le retour d'un grand acteur

CINEMA Un père et un fils s'offrent un voyage de retrouvailles sur la piste d'un magot improbable dans ce road-movie du réalisateur de  «The Descendants»...

Caroline Vié

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Nebraska
Nebraska — Diaphana distribution

Alexander Payne plonge au coeur de l'Amérique profonde et touche celui du spectateur avec ce road-movie mélancolique. Dans Nebraska, le réalisateur suit le périple d'un père un brin gâteux et de son fils résigné à le suivre au fin fond de l'Amérique  pour tenter de récupérer le gros lot d'une loterie. «J'avais envie de parler d'un père et d'un fils dans des paysages filmés en noir et blanc. J'ai dû me battre pour que le studio accepte que le film ne soit pas en couleur mais cela me semblait indispensable».

Le grand retour de Bruce Dern

Comme il l'avait fait avec Jack Nicholson dans Monsieur Schmidt (2002) et George Clooney pour The Descendants (2011), Payne s'offre un grand acteur américain. Bruce Dern, vu dans des films comme Gatsby le magnifique (Jack Clayton, 1974) ou Complot de famille (Alfred Hitchcock, 1976) apporte une humanité débordante à son personnage de papy alcoolique et mal embouché. «J'ai attendu ce rôle pendant 77 ans, avoue le septuagénaire. Alexander m'a comblé en me permettant de jouer de rôle qu'il voulait d'abord confier à Gene Hackman. Je suis ravi que ce dernier se soit mis à la retraite».

Tous ensemble sur la route

Will Forte s'efface juste ce qu'il faut devant son partenaire. L'alchimie qui se dégage de leur duo est purement magique. «Ils sont d'autant plus parfaits que Bruce a parfaitement compris qu'il ne devait pas chercher à angéliser ce vieillard un peu fou et très aigri», explique Payne. Dern n'a pas volé son prix d'interprétation au dernier Festival de Cannes. Qu'il retourne dans sa famille persuadée qu'il va leur faire partager son pactole ou découvre le mont Rushmore d'un air dégoûté,il trouve une place de choix parmi les héros qu'on prend plaisir à trouver aussi touchants qu'exaspérants.