Le cinéma français a rendu un dernier hommage à Alain Resnais

CINEMA De nombreuses personnalités du cinéma français se sont rendues aux obsèques du réalisateur français ce lundi matin à Paris ...

avec AFP

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Sabine Azéma (2e D) derrière le cercueil d'Alain Resnais lors des obsèques du cinéaste en l'église Saint-Vincent de Paul à Paris, le 10 mars 2014
Sabine Azéma (2e D) derrière le cercueil d'Alain Resnais lors des obsèques du cinéaste en l'église Saint-Vincent de Paul à Paris, le 10 mars 2014 — Patrick Kovarik AFP

Pour Aurélie Filipettti, Alain Resnais restera pour beaucoup «le premier cinéaste qui représenta l'irreprésentable et nous donna à voir l'impensable» avec Nuit et Brouillard, premier documentaire sur l'horreur des camps nazis. Alain Resnais, diparu le 1er mars,  a marqué le cinéma français d'oeuvres majeures comme Hiroshima mon amour, Providence, Smoking/No smoking, Mon oncle d'Amérique, On connaît la chanson ou Les Herbes folles. La «troupe» d'Alain Resnais, emmenée par ses acteurs Sabine Azéma, Pierre Arditi et André Dussolier, et tout le monde du 7e art ont dit un dernier adieu lundi matin au cinéaste au cours d'une cérémonie à la fois émouvante et joyeuse à Paris à l'église Saint-Vincent-de-Paul ce lundi matin.

Une cérémonie qui a mixé les arts

Le portrait du cinéaste chemise rouge et crinière blanche, illustrée par Floc'h, accueillait les proches dans l'église Saint-Vincent-de-Paul remplie de fleurs blanches.Extraits de musiques et de films que le cinéaste aimait, vidéos le montrant derrière la caméra mais aussi hommages de ses comédiens fétiches... la cérémonie a mélangé les arts comme Alain Resnais aimait le faire dans ses films.

«Avec Sabine Azéma, on a sélectionné des moments de cinéma parmi ses films qu'il chérissait, un peu comme son jardin secret. Il projetait des Laurel et Hardy à ses copains quand il était ado», a déclaré à lle comédien Bruno Podalydès.Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a assisté à la cérémonie de même que la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, ou encore l'ancien ministre Jack Lang.Son épouse et muse, Sabine Azéma, était arrivée dans la même voiture qu'André Dussolier et Pierre Arditi qui ont ensuite accueilli Jean-Marc Ayrault à l'entrée de l'église.

Les deux comédiens, rejoints par Michel Vuillermoz, Bruno et Denis Podalydès et Philippe Uchan, ont porté le cercueil blanc à l'intérieur de l'église où les attendaient de très nombreuses personnalités du monde du cinéma.Parmi elles figuraient la présidente du Centre national du cinéma, Frédérique Bredin, le président de l'Académie des arts et techniques du cinéma, Alain Terzian, le futur président du Festival de Cannes Pierre Lescure, les réalisateurs Claude Lelouch, Jean-Paul Rappeneau, Bertrand Blier et Danièle Thompson, ou encore les comédiens Jane Birkin, Jean-Pierre Léaud et Michel Piccoli.

«Un être moralement beau»

Pour le réalisateur Costa-Gavras, Resnais était «un cinéaste à part car il était un auteur de cinéma. Ses choix étaient des trouvailles et le cinéma français lui doit beaucoup». Aujourd'hui, «l'artiste n'est pas parti. On dit au revoir à l'homme car c'était un aussi un homme formidable», a estimé le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux.

Pour le dramaturge Jean-Michel Ribes, avec le décès d'Alain Resnais «c'est un immense espace de fantaisie qui s'en va. On va avoir du mal sans lui à respirer dans cette société extrêmement étouffante».

Au cours de son homélie, le père Philippe Desgens, aumônier des artistes, a souligné que «non seulement ses films sont des chefs-d'oeuvre qui ont marqué le cinéma français mais lui-même a réussi à faire de sa vie un chef-d'oeuvre». «C'était un être moralement beau (...) porteur d'une vraie quête spirituelle, ne serait-ce qu'avec le thème récurrent de la mort» dans ses films.

Aurélie Filippetti a rendu «l'hommage de la République tout entière» à un créateur «qui incarnait le cinéma français», saluant son «insatiable curiosité pour la culture sous toutes ses formes». La ministre de la Culture a aussi rappelé que le réalisateur avait été «de tous les combats» du XXe siècle.