Une note d’écologie pour donner des couleurs aux planches de Deauville

FESTIVAL Après une compétition particulièrement dure, le festival de Deauville-Asia s’est achevé avec «Le Promeneur d’oiseau», film chinois du français Philippe Muyl et avec le dessin animé «Patema et le monde inversé»… Deux fables propres à renouer avec le monde qui nous entoure…

Stéphane Leblanc

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Le Promeur d'oiseau
Le Promeur d'oiseau — UGC Distribution

Optimisme et bienveillance en clôture du festival Deauville-Asia. Le Français Philippe Muyl présentait en avant première mondiale le fruit de son travail en tant qu’un des premiers réalisateurs occidentaux parti tourner un road-movie, Le Promeneur d’oiseau, dans ce nouvel Hollywood qu’est devenu la Chine… L’histoire d’un vieil homme qui décide de retourner dans son village natal pour y libérer son oiseau, unique compagnon de ses vieilles années, et à qui l’on confie pour l’accompagner sa petite fille, jeune citadine archi gâtée…

«C’est un voyage vers les racines, raconte Philippe Muyl: un grand père repart vers son passé tandis que sa petite-fille découvre d’où elle vient. J’ai eu l’idée de ce film quand des producteurs, en Chine, m’ont dit à quel point un de mes précédents films, Le Papillon, avec Michel Serrault, sur le même thème du vieil homme et l’enfant, avait séduit les Chinois.

Faire l’éponge pour faire un «vrai film chinois»

Philippe Muyl a passé de nombreux mois à «faire l’éponge» pour s’imprégner de la culture et faire «un vrai film chinois», le premier réalisé par un cinéaste occidental. Un film pour lequel sa popularité en tant que réalisateur d'un «film connu et apolitique» a servi de passeport. «Les autorités  adoreraient voir des cinéastes chinois aborder ce genre de sujets», explique Philippe Muyl. Le Promeneur d’oiseau n’est évidemment pas un film critique vis-à-vis du régime, mais ce n’est pas pour autant un film lisse. «J’aborde la question du matérialisme de la jeunesse d’aujourd’hui, raconte le cinéaste. Ainsi que des questions écologiques.»

L’écologie, après les traumatismes de la jeunesse… Et si c’était l’autre grand sujet du festival du film asiatique de Deauville? «J’aimerais que les Chinois prennent conscience de la beauté de leurs sites naturels et les préserve, ce qui est loin d’être gagné aujourd’hui», raconte Philippe Muyl.

L’écologie, un thème universel

Finalement, en ce dernier jour d’un festival de Deauville jusqu’ici particulièrement sombre, l’espoir est venu du Promeneur d’oiseau, samedi soir, puis de Patema et le Monde inversé, dessin animé du Japonais Yasuhiro Yoshiura: après une catastrophe écologique, le hasard provoque la rencontre de deux adolescents en défiant les lois de la gravité. L’écologie est un thème universel et une constante dans le cinéma d’animation japonais, depuis Takahata et Miyazaki.

La nouveauté, c’est qu’elle apparaît clairement comme une planche de salut. Patema et le Monde inversé était programmé dimanche matin en Séance enfants, mais il a plu aussi aux grands. Il sort en salles mercredi prochain.