César 2014: Guillaume Gallienne puissance cinq

CINEMA «Les Garçons et Guillaume, à table!» est le grand vainqueur de la soirée… Et Abdellatif Kechiche, le grand perdant…

Caroline Vié

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L'acteur-réalisateur Guillaume Gallienne pose avec quatre des cinq César obtenus par son film «Les Garçons et Guillaume, à table!», le 28 février 2014.
L'acteur-réalisateur Guillaume Gallienne pose avec quatre des cinq César obtenus par son film «Les Garçons et Guillaume, à table!», le 28 février 2014. — VILLARD/PDN/SIPA

Que de surprises pour cette édition des César! On ne s’attendait vraiment pas à voir Guillaume Gallienne rafler à la fois le prix de la meilleure première œuvre et celui du meilleur film. Il est le grand gagnant de la soirée avec cinq récompenses majeures pour Les Garçons et Guillaume, à table!. «Il va falloir appendre à être humble. J’y travaille, dit-il. Heureusement, j’ai le théâtre. C’est un socle». Outre les deux prix précédemment cités, il emporte aussi les trophées du meilleur acteur, du meilleur scénario adapté et du meilleur montage. «Je remercie mes partenaires car se mettre un tuyau dans le derche tout seul, c’est moins rigolo que de le faire faire par Diane Kruger.»

Roman, la surprise

Seule la mise en scène lui a échappé au profit de Roman Polanski, tout surpris –et il n’était pas le seul– de repartir avec une statuette pour La Vénus à la fourrure, film réjouissant mais mineur dans la carrière du grand cinéaste. «J’ai été surpris, tellement que je n'ai pas pensé à remercier mes acteurs alors que je leur aurais donné le prix», nous a-t-il confié.

Kechiche boudé

Il a eu raison et/ou du nez, le bon Abdellatif Kechiche, de ne pas se déplacer car il n’a rien reçu du tout. Seule Adèle Exarchopoulos a été récompensée et elle a grandement regrettée son absence. Elle a dû pourtant être doublement triste de voir passer le César de la meilleure actrice sous le joli nez de Léa Seydoux, pourtant formidable dans La vie d’Adèle. Cela n’enlève rien à la performance exceptionnelle de Sandrine Kiberlain. La comédienne n’a pas volé son son César pour son rôle de juge psychorigide qui s’envole dans le délire d’Albert Dupontel. «J’ai squatté cinq productions françaises majeures cette année, plaisante-t-elle. Je le voulais ce César!»

Pas d’Albert mais Nicolas et Niels

On était triste de ne pas voir Albert Dupontel, qui n’a jamais caché son indifférence pour ce type de cérémonie, mais ravi qu'il se soit fait remplacer par Nicolas Marié. «Le fait que je sois là pour chercher ce César est un clin d’œil d’amitié et d’affection. L’amitié est une notion importante pour Albert», a déclaré ce dernier. Pour son troisième César, Niels Arestrup a avoué «ne pas être blasé». S’il parle d’une voix douce, c’est peut-être parce qu’il imite son personnage de Quai d’Orsay. «Je me suis appuyé sur le véritable homme politique qui a inspiré mon personnage. Je me suis inspiré de son timbre de voix. Parler doucement quand les gens hurlent est un truc épatant dans la vie aussi».

En guise de conclusion

Pierre Deladonchamps est l’unique vainqueur pour L’Inconnu du lac. «Tout le monde m’a vu a poil maintenant et, puisque c’est la mode, je dis Tous à poil!», s'est-il exclamé, visiblement enchanté. Une belle conclusion pour une belle soirée…