«Election»1 & 2, deux tours de mafia

©2006 20 minutes

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Des mafieux de Hongkong se disputent la place du parrain. Ils font table rase d'un système relativement démocratique, grâce auquel leur gang a pu maintenir sa suprématie depuis des années. Dans Election (puis Election 2 qui sortira la semaine prochaine), le hongkongais Johnnie To brosse un tableau au vitriol de l'ancienne colonie britannique ravagée par l'appât du gain. Ses gangsters, avec leurs codes fermement établis, peinent à trouver leur place entre tradition et innovation. « Election illustre le triste spectacle et la perpétuelle répétition de la corruption des valeurs humaines fondamentales par le pouvoir et la cupidité », explique le réalisateur Johnnie To. Dans le premier volet, Tony Leung Ka-fai (qui fut l'Amant du film de Jean-Jacques Annaud), décide de prendre la direction de la triade par la force, bafouant les droits du tenant du titre interprété par le charismatique Simon Yam. Dans le second volet, tourné l'année suivante, on retrouve ce dernier, corrompu jusqu'à la moelle et refusant de passer la main comme l'exigent les règles du gang. Les rivalités de ces « Soprano » asiatiques sont décortiquées avec un soin d'entomologiste. Si la narration fluide du deuxième volet le rend plus accessible, la vision de ce diptyque se justifie amplement par son intelligence et la virtuosité de la mise en scène. Ces oeuvres nimbées d'une violence sourde montrent, sans concession, les ambitions de mafieux déchirés entre rapacité et désir de respectabilité.

Caroline Vié