Gloire à «Gloria», pétillante héroïne chilienne

CINEMA Cette chronique attachante brosse à la fois le portrait d'une sexagénaire et le tableau d'un pays en quête de modernité...

Caroline Vié

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A 58 printemps, Gloria, dont le prénom donne son titre au film de Sebastian Lelio, ressemble à la chanson d’Umberto Tozzi qu’on reprend à tue-tête quand elle passe à la radio. Pétillante et pleine de vie, cette divorcée compte bien mettre les bouchées doubles pour profiter du bon temps qui lui reste.

Portrait d’une femme ordinaire

Gloria boit, elle fume, elle saute à l’élastique, elle fait l’amour et reste digne même quand la vie lui pique les yeux. Impossible de ne pas penser à Gena Rowlands, égérie de John Cassavetes devant la performance de Pauline Garcia, qui fut récompensée à Berlin pour sa prestation. Comme son aînée américaine, cette grande comédienne chilienne offre un mélange unique de grâce et de fragilité. On s’attache immédiatement à sa Gloria, femme vraie que le réalisateur de La Sagrada Familia (2006) et Navidad (2009) filme avec une empathie remarquable.

Ancrée dans son pays

Loin de No de Pablo Larrain, dernier grand succès chilien cité aux Oscars qui se déroulait dans les années 80, Gloria s’inscrit résolument dans un pays moderne secoué par des manifestations d’étudiants qu’on sent tournés vers l’avenir. Ce film tonique, bouleversant sans être mièvre, constitue une bonne occasion de partir à la découverte d’une cinématographie trop rare. A son visionnage est on pris par des envies de chanter des tubes désuets entre deux crises de larmes. A l’image de son héroïne et de son pays, il mérite d’être découvert…