Kool Shen débute au cinéma dans «Abus de faiblesse»

CINEMA Le rappeur devient un escroc librement inspiré de Christophe Rocancourt dans le nouveau film de Catherine Breillat...

Caroline Vié

— 

Flach productions, 2014.

La performance de Kool Shen constitue une véritable surprise dans Abus de faiblesse de Catherine Breillat. Le rappeur, membre fondateur du groupe NTM, trouve son premier grand rôle dans ce histoire d’arnaque librement inspirée de l’affaire Rocancourt (voir encadré), l'histoire d'un escroc qui arnaqua la réalisatrice. Il a parlé à 20 Minutes de son expérience…

Etiez-vous un familier du cinéma de Catherine Breillat ?

Non mais je l’avais vue à la télévision en train de se faire malmener par des chroniqueurs et j’avais admiré son sens de la répartie ! Quand on m'a appris qu’elle souhaitait me rencontrer pour un film, mon entourage m’a dit qu’il fallait que j’aille au moins passer les essais. Mon enthousiasme pour le scénario a achevé de me convaincre.

Vous glisser dans la peau de cet arnaqueur a-t-i été difficile ?

Non car Catherine ne voulait pas que je ressemble à Christophe Rocancourt. Elle me disait tout le temps : «Ce n’est pas un biopic». Elle voulait que je reste naturel, que je joue mon personnage de façon très premier degré sans tomber dans la caricature du banlieusard. Je n’en revenais pas de trouver cela si évident.

Le personnage d’Isabelle Huppert ressemble pourtant beaucoup à la réalisatrice…

Il est vrai que l’impression d’avoir deux Catherine sur le plateau ! Isabelle a été incroyable car elle a saisi la gestuelle de Catherine et son rire ce qui fait qu’elle est à la fois proche d’elle et totalement différente. Elle s’est montrée extrêmement généreuse avec moi.

Ce film vous a-t-il donné l’envie de faire l’acteur ?

Absolument. Je viens de d’incarner un proxénète dans la série «Paris» pour Arte et un petit rôle de colonel de la guerre d’Indochine dans le nouveau film d’Eric Zonca. Je suis maintenant prêt pour d’autres défis…

 

L'abus de faiblesse...

Catherine Breillat avait contacté Christophe Rocancourt pour lui faire tenir le rôle principal d’un film. Si le long-métrage n’a jamais vu le jour, l’escroc a soutiré plus de 650 000 euros à la réalisatrice qui venait d’être victime d’un AVC. Elle a raconté sa mésaventure dans le livre «Abus de faiblesse» (Fayard, 2009) dont elle vient de tirer ce film. La réalisatrice refuse catégoriquement le terme de biopic pour cette chronique douloureuse interprétée par Isabelle Huppert et Kool Shen mais il est difficile de ne pas penser au fait-divers en voyant ce film poignant.