«La Belle et la Bête», une superproduction française

CINEMA Avec «La belle et la bête», Christophe Gans prouve qu'un réalisateur français peut tourner tourner un grand film populaire...

Caroline Vié

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Eskwad- Pathé production - TF1 films productions Achte/Neunte/Zwolfte/Achtzehnte Balbesberg film GMNH; 2014

Conte de fées somptueux, La Belle et la Bête de Christophe Gans démontre que ce type de productions peut exister en France. «Mon film a coûté 35 millions de dollars, explique Gans. C’est beaucoup d’argent, mais c’est presque moitié moins que le prix d’Astérix et Obélix : au service de sa Majesté (Laurent Tirard, 2012). Je n’ai pourtant pas eu l’impression de manquer de quoi que ce soit».

Des principes d'économie

Christophe Gans sait gérer son budget comme une ménagère avisée remplirait son panier. «En faisant un story-board précis et une prévisualisation des scènes que je compte tourner, je ne perds ni temps ni argent sur la plateau ce qui me permet de m’autoriser quelques libertés telles que des gros plans de Vincent Cassel et de Léa Seydoux», dit-il. Le réalisateur du Pacte des loups (2001) et Silent Hill (2006) a aussi fait appel à des firmes d’effets spéciaux confirmées pour ceux de La Belle et la Bête. «J’ai morcelé le travail et confié chaque besogne aux techniciens qui maîtrisaient un domaine particulier ce qui leur a permis de donner le meilleur en un minimum de temps».



L’avenir du cinéma français

Christophe Gans en est persuadé, c’est sur cette nouvelle voie que doit se diriger le cinéma français. «La difficulté est de faire passer des sentiments chaleureux avec des outils aussi froids que la technologie numérique mais c’est dans des œuvres entre animation et prises de vues réelles comme Avatar (James Cameron, 2009) que se trouve notre avenir. Le réalisateur sait que les résultat de La Belle et la Bête seront déterminants pour lui et pour ce modèle de productions. «J’aimerais qu’on puisse continuer à exploiter le patrimoine culturel français dans des films populaires», dit-il. Le sien ouvre le chemin dans cette direction.

 

Une fresque aux images sublimes

Il y a de vrais morceaux de magie dans cette nouvelle adaptation de «La Belle et la Bête»,  roman de Madame de Villeneuve (éditions Folio). Entre la version de 1946 signée Jean Cocteau et le dessin animé de 1991 des studios Disney, Christophe Gans trouve son chemin  en faisant évoluer Léa Seydoux et Vincent Cassel dans des décors magiques. Ce conte de fées peuplé de petites créatures charmantes cache de fort jolies surprises dans les couloirs de son superbe château.