Animation: «Minuscule» a tout d’un grand film

CINEMA Inspiré d'une série culte sur la vie des insectes, ce film d'animation français tient toutes ses promesses...

Caroline Vié

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Futurikon, Entre chien et loup, Nozon, 2014.

C’est en 2006 que les téléspectateurs émerveillés ont découvert la série «Minuscule». Croisement entre le documentaire animalier Microcosmos et un burlesque du temps du muet, ces épisodes courts (entre 4 et 5 minutes) sans parole présentaient la vie des insectes comme si on la partageait. Deux saisons (disponibles en DVD aux éditions Montparnasse) et huit années plus tard, ses créateurs Hélène Giraud et Thomas Szabo, donnent naissance à La vallée de fourmis perdues, film d’aventures animées où deux troupes de bestioles se disputent une boîte de sucres tandis qu’une coccinelle intrépide compte les points.

Des références cinéphiliques

Grand cinéphile devant l’Eternel, le duo rêvait de ce long-métrage depuis les premiers épisodes de la série. «On a voulu se démarquer de ce que les gens connaissent en évitant l’effet saynètes et en changeant de décors, » explique Hélène Giraud. Son complice et elle font référence à de nombreux classiques du 7ème Art. «On a pensé à Jacques Tati et au Seigneur des anneaux, tandis que la petite araignée noire est un hommage aux «noiraudes», personnages inventés par Hayao Miyazaki», dit Thomas Szabo. Les réalisateurs ont même fait construire une réplique de la demeure de Psychose (Alfred Hitchcock, 1960) pour une scène joyeusement frissonnante dans une maison de poupées !

Un mélange de matières

Prises de vues réelles en 3-D dans les parcs nationaux des Ecrins et du Mercantour, maquettes construites en dur et images de synthèses sont mêlées de façon homogène pour faire vivre aux petites bêtes une suite d’aventures farfelues superbement filmées. «On a essayé de rester à niveau d’insectes et de montrer le monde par leurs yeux en évitant tout anthropomorphisme», insiste Hélène Giraud. Cette production 100% européenne intégralement réalisée entre la France et Belgique a déjà été vendue dans trente pays. Il serait aussi légitime qu’elle trouve son public dans les salles françaises tant elle est réussie.