«12 Years a Slave», star des médias américains

CINEMA «12 Years a Slave» occupe le devant de la scène dans les médias américains. Retour sur film phénomène cité neuf fois aux Oscars...

Caroline Vié

— 

Mas distrbution, 2013.

Depuis son triomphe au Festival de Toronto l’été dernier, 12 Years a Slave , l'histoire d'un homme libre de 1852 kidnappé et réduit en esclavage dans diverses plantations de cotons du sud de l'Amérique, est devenu un véritable phénomène aux Etats-Unis. Les médias ne tarissent pas d’éloges sur Steve McQueen et son film. Son Golden Globe et ses neuf nominations aux Oscars ont remis du bois dans la cheminée pour cette œuvre puissante : avant même les résultats de la cérémonie, le film a connu belle ressortie qui lui a permis de passer la barre des 40 millions de dollars au box-office, un fort beau résultat pour un film difficile sur un sujet pas vraiment festif.

 Un réalisateur légitime

«Les médias apprécient le fait que le film ait été réalisé par un Noir parce qu’ils estiment qu’il est légitime pour parler de l’esclavage», explique Didier Allouch, correspondant cinéma à Hollywood pour Canal +. Même Spike Lee, cinéaste connu pour ses coups de gueule contre ses confrères, a fait profil bas sur le sujet. «Je suis un fan de Steve McQueen et je trouve formidable que son film, soit si bien reçu», a-t-il sobrement déclaré au site «The Daily Beast». Le sujet trouve résonne aussi profondément dans l’inconscient collectif américain. «L’esclavage est un thème qui touche particulièrement les Américains et le film en parle sans concession tout en restant une belle histoire digne d’un film hollywoodien», dit Allouch.

 Une belle découverte

12 Years a Slave est la première incursion hollywoodienne du réalisateur anglais qui se montre aussi radical pour aborder le point de vue des esclaves que  lorsqu'il montrait ceux d’un prisonnier politique irlandais en pleine grève de la faim ou d’un accro au sexe.  «Comme ses films précédents ont été peu distribués ici, les Américains ont également l’impression de découvrir un nouveau talent de taille. Ils ressentent pour la première fois le choc que les Européens ont pu connaitre avec Hunger et Shame», précise Allouch. On ne sait pas encore si Steve McQueen sera le premier cinéaste noir à recevoir un Oscar car la brutalité de son film peut rebuter une partie des votants de l’Académie. «Ils peuvent aussi avoir envie de saluer une œuvre forte en montrant qu’ils savent reconnaître un grand film sur un grand sujet», dit Allouch. Réponse le 12 mars prochain au moment de la soirée de remise des trophées...