«Lulu, femme nue» émeut en sortant de sa case

CINEMA Karin Viard est merveilleuse de sensibilité en mère de famille fugueuse inspirée d'une bande dessinée d'Etienne Davodeau...

Caroline Vié

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Isabelle Razavet/Artuo Mio, 2014.

 Solveigh Anspach retrouve Karin Viard, son actrice de Hauts les cœurs ! (1998) pour Lulu, femme nue, adaptation d’un double album de bande dessinée signé Etienne Davodeau (Editions Gallimard). «Lulu est une femme effacée qui a vécu cadenassée dans son quotidien et qui décide de tout quitter» dit-elle.

De la bédé au film

Pour conter son périple qui la conduira dans les bras de Bouli Lanners et dans le salon Claude Gensac, la réalisatrice de Queen of Montreuil a choisi d’adopter le point de vue de Lulu. «Dans les livres, c’est son entourage qui parle d’elle. Il me semblait important qu’elle soit au centre du récit afin qu’elle le spectateur ressente de l’empathie pour elle». C’est par petites touches que la cinéaste et son coscénariste Jean-Luc Gaget ont créé «leur» Lulu. «Etienne Davodeau travaille à partir du réel et situe son action dans des lieux existants. Nous les avons visités et cela nous a servi de base au moment de l’adaptation qui s’est révélé un vrai travail artisanal», dit Solveigh Anspach.

Les deux Lulu

«Je ne voulais pas faire d’elle une SDF, dit la cinéaste. C’est une madame tout le monde, mère de famille issue d’un milieu modeste que ses rencontres vont révéler à elle-même». Cette femme bafouée, Solveigh Anspach la transforme en battante devenant plus généreuse au fur et à mesure qu’elle s’épanouit grâce à l’amour d’un charmant nounours et à l’affection d’une délicieuse vieille dame. «Etienne Davodeau m’a d’abord dit qu’il lui fallait un moment pour apprivoiser mon film, explique Solveigh Anspach, puis il a eu cette phrase merveilleuse : « Ta Lulu et la mienne sont sœurs et elles ont beaucoup de chose à se dire ». Toutes deux savent aussi fort bien parler au spectateur.