«Le vent se lève»: L'ultime film de Miyazaki sème la controverse

CINEMA Trop belliciste pour certains, trop pacifiste pour les autres ou alors trop enfumé, «Le vent se lève» d'Hayao Miyazaki est controversé à l'étranger...

Caroline Vié

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Hayao Miyazaki évoque sa passion pour l’aviation dans Le vent se lève, fresque animée qu’il a annoncée être son dernier long-métrage avant de prendre une retraite bien méritée. Le réalisateur septuagénaire y évoque la vie de Jiro, ingénieur aéronautique de génie qui mit au point un avion révolutionnaire dont l’impact fut décisif pendant les combats aériens de la Seconde Guerre mondiale.

Un film pour adultes

Loin de Ponyo sur la falaise (2008) ou du Voyage de Chihiro (2001), le maître évoque des thèmes plus adultes proches de La colline aux coquelicots qu’il écrivit et fit réaliser par son fils Goro en 2011. Ce mélodrame flamboyant de deux heures surprendra les fans de Totoro car il n’est pas destiné au plus jeune public. Scènes de tremblement de terre impressionnantes et réflexion philosophique sur la création et le deuil risquent de perdre les petits en plein vol. Cela n'a pas empêché le succès public du Vent se lève au Pays du Soleil-Levant. Pourtant, le film a fait grincer les dents de certains spectateurs, comme le révèlent des articles du New York Times et du Guardian.

Fumée et controverse

On fume beaucoup dans les bureaux d’études des années 20/30. La société de contrôle du Tabac du Japon a envoyé une lettre de protestation au Studio Ghibli en l'accusant de promouvoir la cigarette! Les Américains, qui ont cependant nommé le film aux Oscars, froncent aussi le nez en raison des scènes enfumées. Les Sud-Coréens, dont les appareils été utilisés pour des nombreuses missions kamikazes et pour l’attaque de Pearl Harbor, trouvent le film trop militariste, tandis que les Japonais nationalistes lui reprochent son côté antimilitariste qu’ils jugent antipatriotique. Ce sera maintenant au public français de se faire une opinion sur cette œuvre brillante sur les affres de la création et la quête d’une perfection inaccessible.

Entre fiction et réalité

Hayao Miyazaki a abandonné pour la première fois tout élément fantastique de son récit. Jiro, le héros du Vent se lève, est un personnage fictif à la fois inspiré de l’ingénieur aéronautique Jiro Horikoshi et du romancier Tatsuo Hori, grand amoureux de la poésie de Paul Valéry (1871-1945) dont s’inspire le titre du film. Les vers  de ce dernier «Le vent se lève, il faut tenter de vivre», tirés du recueil Le cimetière marin, sont d’ailleurs régulièrement cités en français dans le titre.

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