Festival de Cannes 2014: Jane Campion sera la prochaine présidente du jury

CINEMA La réalisatrice de «La leçon de piano» est la seule femme à avoir obtenu une Palme d'or...

Stéphane Leblanc

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La réalisatrice Jane Campion au festival de Cannes en 2013.
La réalisatrice Jane Campion au festival de Cannes en 2013. — FLORENT DUPUY/SIPA

C’est une habituée qui décernera la Palme d’or du 67e Festival de Cannes au terme d’une compétition qui s’achèvera le dimanche 25 mai. Une habituée du festival, puisqu’elle y a présenté la plupart de ses films. Mais une habituée du palmarès également car elle reste, à ce jour, la seule femme à avoir obtenu la Palme d’or pour La leçon de piano.


♥La Leçon de Piano♥ par DELYZA

En plus d'une autre palme d’or, celle du court-métrage, décrochée à ses débuts avec Peel.

«C'est un grand honneur pour moi que d'avoir été choisie pour être la présidente du jury. Et pour dire la vérité, je suis très impatiente», a déclaré dans le communiqué du festival la cinéaste néo-zélandaise de 59 ans qui succède au producteur et réalisateur américain Steven Spielberg. «Je suis venue à Cannes pour la première fois en 1986», déclare-t-elle, «et depuis, mon admiration pour la reine des manifestations de cinéma n’a fait que grandir. Le glamour et le professionnel s’y marient de façon unique. C’est le pays des stars, des fêtes, des plages et du business mais on ne perd jamais de vue ce qu’est le festival: une célébration du cinéma comme Art et une célébration du cinéma du monde entier.

>> Pour retrouver les grands moments de Jane Campion au festival de Cannes, c’est par ici…

«C’est la passion qui rend Cannes incontestable, poursuit Jane Campion. C’est un lieu mythique et surprenant où des acteurs se révèlent, des films trouvent leurs producteurs et des carrières démarrent. Je le sais : ça m’est arrivé.»

Une femme à la présidence

Le président du festival de cannes, Gilles Jacob, aime raconter cette histoire : «Il était une fois une jeune réalisatrice inconnue venue des antipodes qui aurait été fière que le Festival de Cannes présentât un des trois courts-métrages qu’elle venait d’achever. Ils affirmaient déjà une telle vaillance, une telle humanité, un tel univers que se refusant de choisir, le Festival montra les trois d’un coup – car c’en était un. Jane Campion était née. Et un style avec elle. Ensuite ce furent Sweetie [en 1989], La Leçon de piano [en 1993] ou récemment Bright Star [en 2009], ce merveilleux film où la poésie circule comme jamais. Etonnez-vous après tant d’émotions que je l’appelle ma Lady Jane. »

«C’est une grande fierté que Jane Campion ait accepté, a ajouté de son côté, Thierry Frémaux, le délégué général du Festival. Après Michèle Morgan, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Isabelle Adjani, Liv Ullmann et Isabelle Huppert en 2009, elle complète la liste prestigieuse des Présidentes de Jury. Originaire d’un pays et d’un continent où le cinéma est rare et puissant, elle fait partie de ces cinéastes qui incarnent à la perfection l’idée qu’on peut faire du cinéma en artiste et séduire un public planétaire. Et nous savons que son exigence personnelle sera aussi celle de son jury.

Faut-il voir une poussée féministe de la part des organisateurs dans le choix d'une femme réalisatrice (une première, si l'on excepte Liv Ullmann en 2001, actrice et cinéaste) à la tête de la plus importante manifestation culturelle au monde? Sans doute pas, même si Jane Campion n'a jamais caché ses idées féministes à travers les portraits de femmes brossés dans ses films. Et rien ne dit qu'elle aura tendance à pivilégier les films traitant de ces sujets ou réalisés par des femmes, bien au contraire...