«Fruitvale Station», film coup de poing antiraciste

CINEMA Ce film fort récompensé à Sundance, Cannes et Deauville revient sur la mort d'une jeune Afro-Américain à la suite d'une une bavure policière...

Caroline Vié

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ARP, 2013.

Deux prix à Sundance, deux prix à Deauville et un prix à Cannes dans la section Un certain Regard ont fait de Fruitvale Station l’un des favoris des festivals cinématographiques de l’année 2013. Public et jury ont récompensé ce premier film de Ryan Coogler, jeune réalisateur de 27 ans revenant sur une bavure policière tragique. «Il me semblait important que ce terrible fait-divers qui m’a traumatisé ne soit jamais oublié», dit-il.

Un drame terrible

Dans la nuit de la Saint-Sylvestre 2008-2009, Oscar Grant, un Afro-américain de 22 ans, rentre chez lui en métro avec des amis. Il sera froidement abattu par un policier après un contrôle qui tourne au cauchemar. «J’avais le même âge que lui et ça aurait donc pu être moi si je m’étais trouvé, comme lui, au mauvais endroit au mauvais moment», explique Coogler qui n’hésite pas à montrer de véritables images de la fusillade prises au moment des faits. «Je veux que le spectateur ressente un choc, qu’il comprenne à quel point tout cela a été brutal…»

Le choix de la sobriété

«Il aurait été facile de jouer la carte du mélodrame, mais cela n’a pas été mon choix, précise Coogler. Les faits sont suffisamment terribles pour qu’il ne soit pas nécessaire de rajouter du pathos. J’ai préféré rester le plus proche possible de la réalité». Les comédiens, notamment Michael B. Jordan, découvert dans la série «Sur écoute», se mettent au diapason de cette sobriété pour faire partager les 24 heures précédant le drame. «L’action de mon film se déroule aux Etats-Unis, mais j’ai bien peur que son sujet soit universel», conclut Coogler. On assiste au drame d'Oscar Grant avec la gorge serrée et le cœur en miette.