«La Vie d’Adèle» remporte le prix Louis-Delluc

Stéphane Leblanc

— 

 Adèle Exarchopoulos et Abdellatif Kechiche, à Cannes, en mai 2013. 
 Adèle Exarchopoulos et Abdellatif Kechiche, à Cannes, en mai 2013.  — LOIC VENANCE / AFP

Après la Palme d’or, le prix Louis-Delluc. La vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche a été désigné meilleurs film français de l’année par un jury prestigieux de critiques autour de Gilles Jacob, également président du Festival de Cannes.

«C’est un metteur en scène qui a un talent rare pour recréer la vérité, c’est l’esprit français, c’est la tradition depuis Jean Renoir jusqu’à Kechiche en passant par Pialat», a commenté Gilles Jacob après avoir annoncé le nom du lauréat. Abdellatif Kechiche avait déjà reçu ce prix en 2007 pour La Graine et le Mulet.

"On voit les flashes, mais jamais les photos"

A son arrivée à la tribune, le cinéaste accompagné de son actrice Adèle Exarchopoulos, a paru calme et souriant, face au crépitement des flashes. «On voit des milliers de flashes, mais on ne voit jamais les photos», a-t-il plaisanté avant de rendre hommage «aux gens d’esprits» qui lui ont décerné le prix, avant de dédier son prix «à ces autres gens d’esprits que sont les professeurs et les enseignants qui ont été la première source d’inspiration du film.»

Quand on lui a demandé s’il comptait donner une suite à La Vie d’Adèle, un temps envisagée, Abdellatif Kéchiche a simplement répondu «La suite ? Je la rêve encore»…

Le Delluc du premier film à "Vandal"

Sept autres films étaient en lice cette année pour ce prix attribué l’an dernier aux Adieux à la Reine, de Benoît Jacquot, et considéré par la profession comme le Goncourt du cinéma: 9 mois ferme d’Albert Dupontel, L’inconnu du lac d’Alain Guiraudie, Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont, Elle s’en va d’Emmanuelle Bercot, Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des plaines) d’Arnaud Desplechin, Mon Ame par toi guérie de François Dupeyron et Le Passé, d’Asghar Farhadi, qui a valu à Bérénice Béjo le prix d’interprétation du Festival de Cannes.

De son côté, le Prix Louis-Delluc du premier film récompense Vandal de Hélier Cisterne, sorti en octobre et passé complètement inaperçu. D’après nos informations, ce film l’a emporté de justesse devant La Bataille de Solférino, de Justine Triet.