«Belle et Sébastien», le retour en force de la tradition

CINEMA Nicolas Vanier revisite «Belle et Sébastien», le feuilleton, des années 60. Il s'inscrit dans un cinéma traditionnel et rassurant... Pour quelles raisons?...

Caroline Vié

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Eric Travers, Radar Films - Epithète Films - Gaumont - M6 films - Rhône-Alpes Cinéma

Les années 60 c’est maintenant !  Cette semaine, Angélique d’Ariel Zeitoun et Belle et Sébastien de Nicolas Vanier donnent l’impression d’avoir fait un saut dans le temps. Serait-ce dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ? «Ces films jouent sur la nostalgie», explique Michel Ghennam, collaborateur à l’Annuel du cinéma (Editions Fiches du cinéma, 42 euros), précieux ouvrage qui recense tous les films sortis chaque année. La série des Astérix ou Le Petit Nicolas découlent de la même logique».

En terrain connu

Producteurs, distributeurs, exploitants et spectateurs savent où ils mettent les pieds quand ils entrent voir Belle et Sébastien. Cette transposition sur grand écran du feuilleton de Cécile Aubry décrit l’amitié d’un gamin pour une chienne au pelage immaculé dans des superbes paysages enneigés. Toute la famille peut trouver son compte dans ce cocktail d’aventures et de film animalier. «Contrairement au cinéma américain qui tente d’attirer les jeunes, ce sont les parents et les grands-parents que cible le cinéma français», précise Michael Gehnnam.

Une France rassurante et fantasmée

L’idée est que ce sont les aînés qui vont vouloir montrer à leurs petits ce qu’ils sont aimés pendant leur propre enfance. Sis au cœur de la Seconde Guerre mondiale, Belle et Sébastien n’en montre pas moins une France rassurante où même les Allemands ne sont finalement pas si méchants. «Nous vivons une période violente et ce type de films permet de s’en évader en montrant que, même si tout n’était pas rose par le passé, les choses finissent par s’arranger !», ajoute Michael Gehmman.