Georges Lautner, le «tonton» du cinéma populaire

PORTRAIT Le réalisateur du film culte «Tontons flingueurs» et de nombreuses comédies populaires est décédé, vendredi, à l'âge de 87 ans...

avec AFP

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Le cinéaste Georges Lautner, ici en 1975 à Avoriaz, est décédé le 22 novembre 2013 à l'âge de 87 ans.
Le cinéaste Georges Lautner, ici en 1975 à Avoriaz, est décédé le 22 novembre 2013 à l'âge de 87 ans. — AFP

Son plus gros succès est presque devenu sa malédiction. Les répliques cultes des «Tontons flingueurs» et les rediffusions incessantes à la télévision –16 en 50 ans– ont permis au film de Lautner, décédé vendredi, de traverser les générations, éclipsant une carrière riche et variée.

«Je n'ai jamais compris le miracle des ''Tontons flingueurs'' à travers les âges», disait le cinéaste, qui s'agaçait de ce succès, ayant d'autres ambitions. Selon lui, «le petit Jésus» avait dû se pencher sur le film et «devait avoir envie de se marrer».

40 films en 60 ans de carrière

Né à Nice le 24 janvier 1926, Georges Lautner avait découvert dès l'enfance l'univers des salles obscures grâce à sa mère, la comédienne Renée Saint-Cyr, qui apparaîtra plus tard dans plusieurs de ses films. Il entame des études de droit avant de faire ses premiers pas dans le cinéma à partir de 1949, en tant qu'assistant réalisateur avant d'enchaîner par 40 films en 60 ans de carrière.

Il signe son premier film en 1958, «La Môme aux boutons». Puis, en 1960, il réalise «Marche ou crève», avec Bernard Blier, marquant le début d'une longue collaboration avec l'acteur. En 1961, il rencontre le succès populaire avec «Le Monocle noir», comédie policière qui permet à Paul Meurisse de briller en agent secret français.

Deux ans plus tard, Georges Lautner connaît la consécration avec «Les Tontons flingueurs», comédie portée par les répliques cultes du dialoguiste Michel Audiard. Le film avec Bernard Blier, Lino Ventura, Francis Blanche, Jean Lefebvre ou encore Robert Dalban, fêtera mercredi les 50 ans de sa sortie en salles.

«La science du cinéma populaire»

Adepte des gros plans, Georges Lautner savait aussi donner du rythme à ses films grâce à un montage serré. «Michel Audiard disait de lui qu'il était le roi des monteurs», se souvient Rémy Julienne, qui a effectué les cascades sur un grand nombre de ses films. «Il avait la science du cinéma populaire».

Après les «Tontons», le duo Lautner/Audiard enchaîne les succès d'audience, entre comédies, gangsters franchouillards et polars, où apparaissent tour à tour Lino Ventura, Jean Lefebvre, Francis Blanche, Mireille Darc ou encore Jean-Pierre Marielle: «Les Barbouzes» (1964), «Ne nous fâchons pas» (1966), «La valise» (1973), notamment.

A la fin des années 1970, Georges Lautner réalise deux films plus sombres avec Alain Delon («Les seins de glace» et «Mort d'un pourri») avant de faire tourner celui qui deviendra son grand ami, Jean-Paul Belmondo: «Flic ou voyou» (1978), «Le guignolo» (1980), «Le professionnel» (1981), immense succès commercial avec un thème musical signé Ennio Morricone, ou encore «Joyeuses Pâques».

Dans les années 80, le succès se fait plus rare même s'il rencontre encore le public en 1986 grâce à «La Maison assassinée» avec Patrick Bruel. En 1992, c'est «Bebel» qui incarnera le héros du dernier film de Georges Lautner, «L'Inconnu dans la maison».