«La vénus à la fourrure», dernier venu d'une longue chaîne de films sur le sado-masochisme

CINEMA Avant Roman Polanski pour «La vénus à la fourrure», d'autres cinéastes se sont attaqués au masochisme au cinéma...

Caroline Vié

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Roman Polanski, Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric
Roman Polanski, Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric — Mars Films, 2013

Dans La Vénus à la fourrure, Roman Polanski s’amuse du jeu joyeusement pervers auquel se livre une comédienne qui passe de la fausse soumission à une domination authentique pour asservir un metteur en scène. Avant le réalisateur, plusieurs de ses confrères ont également montré des dames autoritaires mettant des messieurs à leur botte. Revue de détail !

La plus grande

Qui pourrait oublier Marlene Dietrich dans L’ange bleu (Josef von Sternberg, 1930) ? Cette chanteuse sensuelle réduit au désespoir un brillant professeur tombant sous sa coupe au point de perdre toute forme de dignité. Sa descente aux enfers est toujours aussi poignante.

La plus professionnelle

Dans Maîtresse (Barbet Schroeder, 1976), Bulle Ogier saucissonne des messieurs devant les yeux fasciné de Gérard Depardieu. Elle est doublée par de vraies dominatrices dans les scènes les plus osées de cette chronique flirtant avec le documentaire.

La plus inventive

La jeune actrice d’Audition (Takaski Miike, 2002) en fait vraiment voir de toutes les couleurs un réalisateur amoureux d’elle. Rien à voir avec les jeux de La Vénus à la fourrure, séquestration et sévices compris sont au menu d’un tête à tête éprouvant à réserver aux âmes les mieux trempées.

La plus réelle

Hélène Fillières s’est inspirée d’un fait divers pour Une histoire d’amour (2013) où Laetia Casta malmène Benoît Poelvoorde. La liaison vénéneuse illustre par l’exemple que les histoires d’amour finissent mal en général.

La plus méchante

Kathy Bates a reçu un Oscar pour avoir torturé James Caan, son romancier favori dans Misery (Rob Reiner, 1990). Le malheureux écrivaillon maltraité écrit sous ses ordres dans ce thriller très réussi adapté d’un best-seller de Stephen King.

La plus réaliste

Dans L’un contre l’autre (2007), Jan Bonny joue la carte du réalisme. Une institutrice y tabasse son époux policier dans l’intimité alors que leur entourage croit leur couple idyllique. Cette descente aux enfers froide aborde de front un sujet encore tabou : les hommes battus.


L'un contre l'autre (Gegenüber) par hautetcourt

Drôlement pervers...

La Vénus à la fourrure de Roman Polanski permet de se régaler comme un matou tombé dans un pot de crème. Une actrice (formidable Emmanuelle Seigner) soumet un metteur en scène arrogant (épatant Mathieu Amalric presque sosie de Polanski). Brodant autour de l’univers de Sacher-Masoch, le réalisateur du Pianiste signe une comédie coquine où écriture, mise en scène et interprétations brillantes se sont mises au diapason d’un cinéaste malicieux.