Roman Polanski se compare à Dreyfus et prépare un film sur l’affaire

Benjamin Chapon

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Roman Polanski sur le tournage de La Vénus à la fourrure
Roman Polanski sur le tournage de La Vénus à la fourrure — Snap Stills/REX/SIPA

Roman Polanski prépare un film sur ce qu’il considère comme un alter-ego. Alors que sortira bientôt son dernier film, La Venus à la fourrure, le réalisateur franco-polonais a annoncé sur RTL que son prochain film traiterait de l’Affaire Dreyfus.

Cette affaire politico-judiciaire avait divisé la société française au passage au 20e siècle. Le capitaine Dreyfus avait été accusé à tort, et condamné, pour intelligence avec l’ennemi. L’affaire était sous-tendue par un climat d’antisémitisme et la plupart des intellectuels et politiciens français avaient alors pris parti pour ou contre Dreyfus.

«Les médias ne veulent pas admettre une erreur»

«Il y a un aspect qui est extrêmement intéressant pour moi dans cette affaire, c'est l'insistance avec laquelle les médias, comme l'armée à l'époque ou comme n'importe quelle institution d'État, ne veulent pas admettre une erreur», a expliqué Roman Polanski. Le réalisateur fait le parallèle avec ses propres déboires judiciaires.

En 1977, en Californie, Roman Polanski a été reconnu coupable du viol de Samantha Geimer, alors âgée de 13 ans. Reconnaissant les faits puis fuyant les Etats-Unis de peur d’une condamnation trop lourde, le réalisateur n’a plus jamais remis les pieds dans le pays.

Gstaad et l’île du Diable, même combat

En 2009, Roman Polanski avait été arrêté en Suisse dans le cadre d’un mandat d’arrêt international lancé par les Etats-Unis. Assigné à résidence plusieurs mois, il avait ensuite été remis en liberté et non pas extradé aux Etats-Unis.

Sur RTL, le réalisateur a rapproché son «affaire» de celle d’Alfred Dreyfus, dénonçant les «mensonges de la presse» auxquels il a préféré ne pas répondre à l’époque. «Si je réagis, ils ont le dernier mot, ils n'admettront jamais qu'ils se sont trompés. Comme l'armée à l'époque.»