Jean Regnaud, vrai héros de «Ma maman est en Amérique»

Caroline Vié

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Jean Regnaud, auteur de Ma maman est Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill
Jean Regnaud, auteur de Ma maman est Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill — Marc Obin/DR

Le héros de Ma Maman est Amérique…, gamin sensible des années 70 qui vient de rentrer à la «grande école», s’appelle Jean Regnaud comme le scénariste du film et l’auteur de la bande dessinée (Ed : Gallimard) dont le long-métrage est inspiré. Normal, les deux sont librement inspirés de sa propre histoire...

Ce n’est pas trop dur de revivre cette période douloureuse par écran interposé?

Non parce que je n’ai pas eu une enfance malheureuse! Ce sont les adultes qui me rappelaient régulièrement l’absence de ma mère. L’histoire est vraiment très romancée. Si elle avait été autobiographique à 100%, j’aurais sans doute changé les noms des personnages.

Le dessinateur Emile Bravo et vous avez pensé au cinéma en écrivant la bédé ?

Pas du tout. On s’est dit que les producteurs étaient fous de s'y intéresser, une impression qui s’est confirmée quand ils m’ont demandé de participer à l’écriture! J’ai trouvé le processus de transposition passionnant, notamment pour décrire le décalage entre ce qui se passe dans la tête du héros et la réalité.

Vous reconnaissez-vous quand vous regardez le film ?

Non mais je retrouve des endroits de mon enfance ce qui est d’autant plus troublant que je n’ai pas donné d’indications précises aux dessinateurs. Quand, dans le film, je joue dans une armoire avec mon frère, je ne reconnais ni mon frère, ni moi, mais je reconnais l’armoire.

L'accueil reçu par votre histoire est-il différent au cinéma ?

Le cinéma me semble extravangant: on touche d'un seul coup un nombre de gens incroyable! Et encore, il ne s'agit ici que d'un petit film. Je me demande ce que ça doit donner quand vous participez à une production Luc Besson.

Finalement, c’est sympa d’être devenu un personnage de dessin animé?

J’ai beaucoup plus de chance que Dumbo et Bambi parce que moi, je peux voir le film et le montrer à mes copains. Je suis aussi plus vernis que Marjane Satrapi qui a connu cette expérience pour Persepolis, un film pour adultes. Quand je vois Ma Maman est en Amérique avec un public d’enfants et qu’ils viennent ensuite me poser leurs questions, j’ai l’impression de recevoir un très beau cadeau.