«Nos héros sont morts ce soir», voyage au pays du catch

CINEMA Jean-Pierre Martins et Denis Ménochet sont éblouissants dans «Nos héros sont morts ce soir», chronique dans le milieu du catch...

Caroline Vié

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Jean-Pierre Martins et Denis Ménochet
Jean-Pierre Martins et Denis Ménochet — UFA, 2013

David Perrault s’impose sur le ring du cinéma avec Nos héros sont mort ce soir, premier film attachant. A ma droite, Denis Ménochet, montagne de muscle aux yeux clairs. A ma gauche, Jean-Pierre Martins, malabar au visage taillé à la serpe. Ils incarnent des catcheurs des années 60 et portent masques et collants avec une classe ahurissante.

Nuances de gris

Quand le Spectre au masque clair échange son identité avec le sombre Equarisseur de Belleville, les choses tournent au gris dans un milieu très codifié où évoluent des silhouettes étranges et des individus pas toujours recommandables. Découvert à la Semaine de la Critique 2103, ce film atypique plonge dans le monde disparu d’une France tout en noir et blanc dont on retrouve les contrastes grâce à une photographie superbe. On se sent vite chez soi dans cet univers à la fois dépaysant et étrangement familier.

Un voyage cinéphilique

C’est après avoir vu une photo du légendaire Ange Blanc, légende du catch, accoudé à un zinc en ayant gardé son costume que David Perrault s’est lancé dans l’aventure de cette œuvre nostalgique. Son film ressemble à cette image poétique et décalée. Se démarquant résolument du jeunisme à la mode, c’est vers le cinéma de papa que se tourne le réalisateur qui renoue avec la tradition des polars à la Henri Verneuil. Des gueules comme le toujours parfait Philippe Nahon ou des belles comme la ravissante Constance Dollé renforcent cette impression d’un retour en arrière plaisant au pays d’une cinéphilie oubliée.