Quand Luc Besson joue les affranchis avec «Malavita»

CINEMA Luc Besson s'est offert un casting international de luxe pour «Malavita», polar inspiré d'un best-seller de Tonino Benacquista...

Caroline Vié

— 

EuropaCorp, 2013

Luc Besson s’est fait plaisir avec Malavita, l’histoire d’une famille de mafieux new-yorkais expatriée en Normandie sous une fausse identité. Tous tentent de se faire discrets dans notre douce France, mais Papa Parrain passe difficilement inaperçu avec sa propension à régler ses conflits de voisinage à la batte de baseball.

Un film de potes

Tout le monde semble s'être bien amusé. Robert De Niro s’autoparodie sans effort dans un personnage qu’on croirait sorti d’un film de son pote Martin Scorsese, producteur exécutif de Malavita. Michelle Pfeiffer se délecte en mamma meurtrière sophistiquée, et Tommy Lee Jones tire, comme toujours, la gueule en essayant de les protéger. Luc Besson rend un hommage éperdu et maladroit au cinéma américain. On sent son bonheur d’amoureux du cinéma de profiter d’un beau casting et de lieux de tournage superbes entre la Normandie et les studios de sa Cité du cinéma.

Entre deux chaises

Le réalisateur oscille entre polar et comédie, entre Les Affranchis et Les Tontons flingueurs, entre «Les Sopranos » et Mafia Blues sans parvenir à trouver l’équilibre parfait du roman de Tonino Benacquista qu’il l’a inspiré. «J’ai vécu en Normandie mais aussi à New York et à Los Angeles, explique Luc Besson. C’était amusant de réunir ces deux cultures dans un petit village». Las, Français et Américains sont également caricaturaux. Villageois «typiques» et mafieux archétypaux fleurent bon la production censée être à la fois consommable sur les deux territoires. Sorti récemment aux Etats-Unis sous le titre The Family, le film y a d’ailleurs remporté un certain succès