Festival du film de Londres: Mary Poppins, Tom Hanks et Emma Thompson en clôture

A.G. avec AFP

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L'actrice britannique Emma Thompson et l'acteur américain Tom Hanks à l'avant-première mondiale du film «Saving Mr. Banks» à Londres, le 20 octobre 2013.
L'actrice britannique Emma Thompson et l'acteur américain Tom Hanks à l'avant-première mondiale du film «Saving Mr. Banks» à Londres, le 20 octobre 2013. — BEN STANSALL / AFP

Le Festival du film de Londres (LFF) s'est achevé dimanche avec la présentation en première mondiale de Saving Mr. Banks, l'épopée drôle et émouvante de l'adaptation au cinéma des aventures de Mary Poppins.

Le film sur le film dont la sortie est prévue mi-décembre aux Etats-Unis et fin février en France, sous le titre Dans l'ombre de Mary, plonge dans la relation tumultueuse qu'a entretenue le célèbre producteur de cinéma Walt Disney (interprété par l'acteur américain Tom Hanks) avec l'auteure des aventures de Mary Poppins, Pamela Lyndon Travers, brillamment incarnée à l'écran par l'actrice britannique Emma Thompson.

«Un film sur deux cultures qui se rencontrent»

Walt Disney, tombé sous le charme de la célèbre gouvernante magicienne qu'adorait sa petite fille, a promis à cette dernière d'en faire une comédie musicale. Habitué à arriver à ses fins, il redouble d'ardeur pour convaincre «Pam» Travers de lui céder les droits d'adaptation de son livre mais bute sur une «Miss Travers» aux répliques cinglantes toutes britanniques. Pas le moins du monde séduite ou impressionnée par l'univers décontracté et sucré d'Hollywood et des studios Disney.

« C'est un film sur deux cultures qui se rencontrent et se percutent autour de ce film d'anthologie», a déclaré Emma Thompson en conférence de presse. «Comment aurais-je pu refuser ce rôle. Une femme de mon âge qui se retrouve sans aucun rôle de femme de mon âge et qui d'un coup décroche l'un des meilleurs rôles qu'il m'ait été donné de jouer», a ajouté l'actrice britannique de 54 ans. Celle qui a été oscarisée à deux reprises en 1992 pour son rôle dans Retour à Howards End et en 1995 en tant que scénariste de Raison et sentiments, est également écrivain et a elle-même créé l'histoire d'un autre personnage de nanny magicienne, Nanny McPhee.

Attitude odieuse

Le verbe haut et la répartie cinglante, son personnage cache derrière une attitude odieuse et un rejet systématique et drôle de toute modification de son oeuvre, l'angoisse de voir ses personnages --et à travers eux la mémoire de son père adoré-- trahis par l'adaptation de sa Mary Poppins au grand écran.

Une scène illustre à merveille l'humour du film: courroucée de découvrir sa chambre d'hôtel hollywoodienne envahie de peluches Disney, ballons et autres confiseries, elle s'empare d'une peluche de Mickey qui trônait fièrement sur son lit et le met au coin. «Tu resteras là jusqu'à ce que tu apprennes l'art de la subtilité», lui lance-t-elle, le regard noir. Irritée par ce monde artificiel et joyeux, elle trouve refuge dans les souvenirs de son enfance australienne présentés à l'écran sous forme de flash-backs.

On y découvre une Pamela enfant qui entretient une relation complice et touchante avec son père, incarnée avec justesse par l'acteur irlandais Colin Farrell. Un père imparfait et merveilleux qui lui intime de croire en ses rêves.

Prix d’honneur du festival pour Christopher Lee

Le festival  du film de Londres s'était ouvert mercredi dernier avec la présentation en première européenne de Captain Phillips, du Britannique Paul Greengrass qui retraçait l'histoire vraie de la prise d'otage d'un capitaine de porte-conteneur (Tom Hanks) par des pirates somaliens. Il a mis à l'honneur Gravity du Mexicain Alfonso Cuaron, Philomena du Britannique Stephen Frears avec une Judi Dench remarquable, ou encore Inside Llewyn Davis des frères Coen.

Le festival a également décerné un prix d'honneur à Christopher Lee (Dracula, la Guerre des Etoiles) «pour sa contribution immense et unique au cinéma».