T.S. Spivet»: Jean-Pierre Jeunet, enchanteur en 3D

Caroline Vié

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Le jeune Kyle Catlett sur les genoux de Jean-Pierre Jeunet.
Le jeune Kyle Catlett sur les genoux de Jean-Pierre Jeunet. — Gaumont, 2013.

L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet est un festival d’émotions. Jean-Pierre Jeunet emmène le spectateur sur les pas d'un gamin inventeur qui traverse les Etats-Unis pour aller recevoir un prix scientifique à Washington. La 3D relief s’est imposée comme une évidence pour le réalisateur. «Déjà gamin, je possédais une petite visionneuse "View-Master" qui me permettait de voir des images en relief. Je rends hommage à ce procédé à la fin du film et j’ai voulu en recréer la magie.»

Tout prévoir en relief

Jean-Pierre Jeunet est clair : T.S. Spivet n’a pas été tourné en relief pour des raisons mercantiles. «Quand j’ai vu les merveilleux dessins dans le livre de Reif Larsen (Ed. du Nil, 21,50 euros), je me suis dit que c’était parfait pour m’essayer au relief. Ce qui est le plus amusant avec la 3D, c’est d’essayer d’attraper les objets qu’on envoie vers l’écran. Ce film me permettait de justifier ce type d’effets.» La dimension ludique est omniprésente dans des aventures où petit parachute à œuf et autres mécaniques fascinantes plongent le spectateur dans un univers qui le fait joyeusement retomber en enfance.

Une 3D-relief  propre

«J’ai vu des films totalement gâchés par une mauvaise conversion 3D uniquement destinée à faire acheter des lunettes aux spectateurs, explique Jean-Pierre Jeunet. Pour ma part, j'ai pensé mon film en relief et je l’ai vraiment tourné en 3D.»  Le réalisateur du Fabuleux destin d’Amélie Poulain s’est assuré la collaboration du spécialiste de la stéréoscopie  Demetri Portelli, qui a travaillé avec Martin Scorsese pour Hugo Cabret. «Techniquement, c’est peut-être le film le plus confortable jamais fait en 3D. On a nettoyé toutes les images en post-production pour que le plaisir soit optimal.» On court dans la nature sauvage du Montana puis on traverse de magnifiques paysages en compagnie du jeune Kyle Catlett, héros touchant d’un périple tendrement loufoque. «Mon film est volontairement contemplatif», estime Jean-Pierre Jeunet. Il prend son temps pour envoûter avec ce conte initiatique.