Hugh Jackman pris au piège de «Prisoners»

Caroline Vié

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Hugh Jackman dans Prisoners
Hugh Jackman dans Prisoners — SND, 2013

Hugh Jackman a enlevé les griffes de Wolwerine pour sortir celles d’un papa effondré après la disparition de sa fillette. L’acteur australien a parlé à 20 Minutes de sa performance dans Prisoners, thriller haletant signé Denis Villeneuve (Incendies)…

Pourquoi ce héros vous a-t-il touché ?

J’ai trouvé son ambiguïté passionnante. C’est un homme ordinaire qui va être conduit à commettre un acte inacceptable en enlevant celui qu’il soupçonne d’avoir kidnappé sa fillette. Il est impossible d’approuver sa conduite mais on peut le comprendre et je trouvais cela intéressant à jouer d’autant plus que je suis papa moi-même.

Ce type de compositions est-il plus pénible à fournir que quand vous jouez dans un film d’action ?

Les deux demandent du travail mais il est certain que l’implication psychologique est très importante pour un film comme Prisoners. On est en flux tendu pendant tout le tournage et on rentre vidé. Se mettre dans un état de tension permanent est épuisant.

Comment avez-vous travaillé avec Paul Dano, votre victime ?

Il m’a beaucoup aidé en entrant dans son personnage de simplet manipulateur avec un naturel confondant. Certaines scènes violentes tenaient parfois du ballet car je devais faire très attention pour donner l’impression que j’allais le tuer sans, bien évidemment, lui faire le moindre mal.

Selon vous, quelle est la morale du film ?

Que tout le monde peut péter un plomb si les circonstances s'y prêtent ! Je crois que la réflexion que propose Prisoners va beaucoup plus loin que la simple histoire que raconte le film. Des pays entiers ont été capables de réactions plus que discutables parce qu’ils se sentaient menacés…

En avez-vous parlé avec Denis Villeneuve ?

Nous étions totalement en phase sur le sujet ! Pour nous, l’une des répliques les plus importantes du film est quand le meilleur ami du héros dit «On ne veut pas savoir ce qu’il fait.» Les Américains ont agi de même vis-à-vis de leur gouvernement et de la menace terroriste. En fermant les yeux, on cautionne certaines pratiques même si on n'agit pas soi-même.

Double suspense autour d’un duo de stars

La course contre la montre d’un policier (Jake Gyllenhaal) et d’un père de famille (Hugh Jackman) pour retrouver deux gamines disparues est au centre de Prisoners, un suspense signé Denis Villeneuve. Le réalisateur d’Incendies fait monter la pression autour de ce duo obsédé par un mystère oppressant comme par le désir de sauver les gamines. Malgré un dénouement un peu tiré par les cheveux, la puissance de la mise en scène et les compositions des comédiens maintiennent le spectateur en apnée sur le bord de son siège.