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CINEMA«La Vie domestique»: Emmanuelle Devos, femme au foyer désespérée

«La Vie domestique»: Emmanuelle Devos, femme au foyer désespérée

CINEMALe cinéma français est riche en beaux portraits de femmes. «La Vie domestique» donne un coup de projecteur sur une quadragénaire ordinaire...
La vie domestique
La vie domestique  - Ad Vitam, 2013
Caroline Vié

Caroline Vié

Après Fanny Ardant dans Les Beaux Jours de Marion Vernoux et Catherine Deneuve dans Elle s’en va d’Emmanuelle Bercot, c’est au tour d’un nouveau duo actrice/réalisatrice de donner un grand coup de pied dans les idées reçues sur les femmes et leurs aspirations. Dans La Vie domestique, Isabelle Czajka offre à Emmanuelle Devos le rôle d’une mère de famille aisée engluée dans les rituels d’un quotidien répétitif. Entre enfants, supermarché et obligations diverses, l’héroïne s’est laissée enfermer dans une cage dorée dont elle rêve de s’évader grâce à une offre d’emploi qui pourrait changer sa vie.

Le bonheur, notion subjective

La réalisatrice de L’Année suivante (2005) et D’amour et d’eau fraiche (2010) saisit avec une grande acuité l’existence d’une femme qui aurait tout pour être heureuse si elle se satisfaisait d’une existence bien rodée. «Les femmes endossent de façon insidieuse, sournoise, sans qu’on les y oblige forcément, toutes ces petites choses du quotidien, ces choses qui sont à faire. Elles deviennent alors leur propre bourreau», explique la cinéaste qui s’est librement inspirée du roman Arlington Park de Rachel Cusk, actualisation brillante du Mrs Dalloway du Virginia Wolf.

Solidement épaulée par Julie Ferrier, Natacha Régnier et Helena Noguerra, Emmanuelle Devos communique sa sensibilité complexe à un personnage dans lequel bien des spectatrices se reconnaîtront sans doute. Cette œuvre délicatement féministe appuie là où ça fait mal en montrant qu’il n’est pas pire prison que celle où l’on s’enferme soi-même. Le clef du bonheur n’est pas la même pour tout le monde. C’est ce que démontre Isabelle Czajka en faisant plonger le spectateur dans le vide vertigineux d’une existence ordinaire. Et si nous étions toutes plus ou moins enrôlées dans La Vie domestique ?