Ron Howard et Daniel Brühl, rois des circuits pour «Rush»

CINEMA En faisant renaître la rivalité entre Niki Lauda et James Hunt, Ron Howard signe un suspense haletant mené pied au plancher...

Caroline Vié
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Daniel Brühl dans Rush de Ron Howard
Daniel Brühl dans Rush de Ron Howard — Pathé, 2013.

En 1976, Niki Lauda et James Hunt se sont disputé le titre de champion du monde de F1. Ron Howard revient sur leur rivalité dans Rush, film passionnant même si on ne s’intéresse pas aux courses automobiles. Il a confié à Chris Hemsworth (Thor) le rôle de James Hunt, Anglais grande gueule et fêtard et à  Daniel Brühl (Good Bye Lenin!) celui de Niki Lauda, Allemand cassant et psychorigide. «Ces deux hommes furent des stars bien au-delà des circuits tant leur relation étaient médiatisée», précise Howard.

Trouver la bonne formule

Impossible pour les acteurs de prendre place à bord de Formules 1. «C’était trop dangereux, explique Ron Howard avant d’ajouter en souriant «Et ces voitures sont hors de prix !» Ce sont donc des F3 moins puissantes et maquillées pour ressembler aux voitures de l’époque qui ont servi pour le film. «C’était impressionnant de s’asseoir dans ces véhicules car on est vraiment immobilisé. Il ne fait pas bon être claustrophobe quand on fait ce métier», explique Daniel Brülh. Les acteurs ont suivi une formation pour apprendre à les manœuvrer mais «c’est vraiment très difficile car le volant est extrêmement sensible. Dès qu’on l’effleure, on fait une embardée,» déclare l’acteur.

Toujours plus vite

Pour donner l’illusion de la vitesse à l’écran Ron Howard a placé jusqu’à trente caméras autour des coureurs et s’est livré à un travail de montage impressionnant. «Moi aussi, j’ai essayé les voitures pour essayer de comprendre les décharges d’adrénaline ressenties par les pilotes. Et bien, ça va très vite et ça fait très peur ! », déclare le réalisateur d’Apollo 13.

Niki Lauda a servi de conseiller technique sur Rush «Il m’a expliqué qu’il n’était pas suicidaire et que le secret des grands pilotes étaient de déterminer quel pourcentage de risques ils étaient près à courir pour obtenir la victoire», insiste Daniel Brühl. Ron Howard a, quant à lui accepté de participer à Top Gear, émission anglaise culte consacrée à l’automobile. «Cela m’a prouvé que j’avais plus ma place sur les plateaux que sur les circuits», dit-il. Pendant Rush, c’est le spectateur qui a l’impression d’être un vrai pilote !

 

A fond, à fond, à fond !

Il arrive qu’on reconnaisse un bon film au fait qu’il nous passionne pour un sujet qui ne nous attirait pas le moins du monde. Ron Howard fait une démonstration éclatante de ce principe avec Rush. Même si on est réfractaire à la course automobile, on peut se laisser emporter par la rivalité de deux grands pilotes et par leurs affrontements sur les circuits. Avant d’être un film de sport, Rush est une aventure humaine brillamment filmée. C’est ce qui en fait le (grand) prix.