Christophe Honoré trouve «insensée» la menace sur un de ses films en Russie

20 Minutes avec AFP
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Extrait du film «Les chansons d'amour».
Extrait du film «Les chansons d'amour». — BAC FILM

Le réalisateur français Christophe Honoré juge «insensé»  l'avertissement reçu par une télévision populaire russe pour avoir  diffusé son film Les chansons d'amour, qui montre des relations sexuelles «non traditionnelles», dans un texte transmis à l'AFP ce jeudi.

«Passé la stupeur face au caractère insensé de ce genre de nouvelle,  la censure qui frappe mon film m'inquiète sur le climat d'homophobie  d'Etat qui règne en ce moment en Russie», écrit le cinéaste actuellement  en répétition à Lyon pour «Dialogues des carmélites», sa première mise  en scène de théâtre.

Un avertissement inédit

Selon le journal professionnel américain Hollywood Reporter,  la chaîne Evrokino a reçu un avertissement de la part du Rokomnadzor,  service fédéral de contrôle de l'information et des médias, pour avoir  diffusé «Les chansons d'amour», film musical qui raconte l'histoire d'un  ménage à trois bouleversé par un deuil.

D'après Hollywood Reporter, «c'est la première fois qu'une  chaîne russe se voit recevoir un avertissement pour avoir montré des  relations entre personnes du même sexe» depuis l'entrée en vigueur fin  juin en Russie de lois controversées punissant tout acte de «propagande»  homosexuelle devant mineur.

Menaces de sanctions

Selon la loi, la «propagande des relations sexuelles non  traditionnelles devant mineur» est passible au minimum d'amendes de  4.000 à 5.000 roubles (100-125 euros) pour une personne physique. Les  sanctions plus sévères si cette propagande est effectuée sur internet.  Les entités juridiques pourront être fermées jusqu'à 90 jours.

L'homophobie est largement répandue en Russie, où l'homosexualité  était considérée comme un crime jusqu'en 1993 et comme une maladie  mentale jusqu'en 1999.

«Je crains que s'il s'obstine à effacer de leurs écrans tout film  montrant ‘des relations sexuelles non traditionnelles’, le régime russe  risque de priver sa population de tout un pan de la production  cinématographique mondiale», conclut Christophe Honoré.