«Lettre à Momo», un enchantement japonais

CINEMA Avec «Lettre à Momo», le réalisateur de «Jin Roh» offre une fable toute en tendresse...

Caroline Vié

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Lettre à Momo
Lettre à Momo — Films du Préau, 2013

Alors que les amateurs d’anime pleurent le départ à la retraite du maître Hayao Miyazaki, Lettre à Momo prouve que le cinéma d’animation japonais n’est pas mort, loin s’en faut. Les fans de souviennent sans doute de Jin Roh, uchronie brutale et ensorcelante sortie en 1999. Le réalisateur Hiroyuki Okiura a mis de l’eau dans son saké. La douceur teintée d’amertume de son nouvel opus surprend au regard de son œuvre précédente tandis que son sens de la poésie prouve qu’il a tout d’un grand.

Dans la vie de Momo

Momo, son héroïne, a 11 ans et elle vient de perdre son père qui ne lui a laissé qu’une missive inachevée avant de disparaître en mer. Contrainte de suivre sa mère sur l’île où cette dernière a grandi, la gamine peine à s’adapter à cette nouvelle vie tandis que d’étranges créatures viennent lui rendre visite. Nées de trois gouttes de pluie, ces yokais, petits monstres étranges, aideront Momo à passer ce cap difficile. Okiura-san semble s’être affranchi des autres cinéastes avec lesquels il a collaboré que ce soit Mamoru Oshii (Ghost in the Shell) ou Satoshi Kon (Paprika). Il signe son film le plus personnel à ce jour avec cette fable sur le travail de deuil  qu'il a lui-même écrite.

100% japonais

A quoi reconnaît-on un film nippon ? Il laisse le temps au temps pour partir à la découverte de personnages attachants. Le réalisateur met l’accent sur la psychologie de la jeune fille mais aussi sur les paysages sublimes de la mer intérieure de Seto tout en offrant des moments de sourire bienvenus grâce à la présence des yokais. On pense à Mon voisin Totoro, le chef-d’œuvre d’Hayao Miyazaki devant la simplicité apparente d’une œuvre totalement maîtrisée mêlant les genres et les émotions pour nous emporter.