Larry Clark, génial provocateur

CINEMA Larry Clark, réalisateur et photographe, a été honoré à Deauville où il est venu avec son nouveau film, «Marfa Girls»...

Caroline Vié

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Le réalisateur Larry Clark sur le tournage de Marfa Girls en 2012.
Le réalisateur Larry Clark sur le tournage de Marfa Girls en 2012. — Se?bastien Bossi

«On m’a emmené à Deauville. Je ne sais pas pourquoi. J’obéis à mon assistant.» Dès le début de la conversation, Larry Clark, 70 ans provoque. Le réalisateur de Kids (1995) et Ken Park (2003) reçoit un hommage au Festival de Deauville et y présente sur grand écran Marfa Girls, film réalisé pour Internet et visible sur son site larryclark.com.

Toujours sur le pont

«Je mens beaucoup, vous savez ? Je suis content de voir mon film dans une salle mais j’en ai marre d’Hollywood ! Tous les producteurs sont des connards et des escrocs qui ne vous payent jamais. L’avenir est sur la Toile.» Le sien est aussi au cinéma puisqu’il vient de tourner en France un film sur les jeunes, The Smell of us. «Je me suis fait payer en avance, dit-il et j’aimerais bien que le film soit à Cannes mais il faudrait que les sélectionneurs aient le courage de le prendre.» Il n’en dira pas davantage sur ce long-métrage pour lequel il n’a pas hésité à engager des inconnus rencontrés dans la rue. «J’ai un don pour savoir de qui la caméra va tomber amoureuse.» Toujours vexé par l’interdiction aux moins de 18 ans qui avait frappé son exposition au Musée d’Art moderne en 2010, Larry Clark insiste : «Je ne supporte pas que l’on censure mon travail ! Je tiens à avoir le droit de montage final sur mes films. C’est pour cela que je n’ai jamais tourné de grosses productions ; je préfère l’art à l’argent.» Ce sont ses choix radicaux qui donnent toutes sa valeurs à une œuvre dérangeante, mais puissante.