«La danza de la realidad» ou la folie Jodorowsky

CINEMA «La danza de la realidad» marque le grand retour du cinéaste Alejandro Jodorowsky avec un conte autobiographique...

Caroline Vié

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La danza de la realidad marsur le grand retour du réalisateur Alejandro Jodorowsky.
La danza de la realidad marsur le grand retour du réalisateur Alejandro Jodorowsky. — Pascale Montandon, 2013.

 A 84 printemps, le Chilien Alejandro Jodorowsky signe un film-somme, son premier long-métrage depuis 23 ans. Le réalisateur de El Topo (1970)  La montagne sacrée (1973) a manqué à ses fans dont Nicolas Winding Refn (Drive) est l’un des plus fervents. «Sans Jojo, je n’aurais sans doute pas eu envue de faire ce métier. Il est l’un des plus grands cinéastes du monde doublé d’un poète du septième art», déclare ce dernier, venu soutenir Jodorowsky lors de la présentation de La danza de la realidad à la Quinzaine des réalisateurs en mai dernier.

La vie rêvée de Jojo

«Jojo», comme le surnomment affectueusement ses proches, s’était recyclé dans les scénarios de bandes dessinées aussi prestigieuses que L’Incal (avec Moëbius) avant de revenir derrière la caméra pour La danse de la réalité, autobiographie surréaliste inspirée de son livre La danse de la réalité paru en 2004 chez Albin Michel. «Je dois tout à mon ami le producteur français Michel Seydoux, qui a accepté de me donner carte blanche pour faire le cinéma que j’aime en toute liberté.»

Cette œuvre étrange et séduisante est frappée de son auteur, fondateur du mouvement «Panique» avec Arrabal et Topor. Père pompier autoritaire (campé par Brontis, le fils de Jojo) et mère folle d’opéra qui jouit en musique sont les héros d’une enfance transformée en poème burlesque joyeusement foutraque dans un Chili vibrant sous une dictature de carnaval. «Tout est vrai, déclare Jodorowsky. Je n’ai presque rien inventé.» Suffisament en tout cas pour qu’on se sente emporté dans un univers de folie sur lequel souffle un vent de poésie libertaire fort revigorant. Que Viva Jojo!