«Shortbus» sort son ticket choc

©2006 20 minutes

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« Dans une Amérique puritaine, j'avais envie de parler de sexe et de montrer du sexe. Ce simple parti pris fait de Shortbus un acte militant ! », dit John Cameron Mitchell. Le réalisateur, très remarqué pour Hedwig and the Angry Inch, fait un beau pied de nez aux pères la pudeur de tous poils. Si Shortbus fait référence au véhicule scolaire qui transporte les cas sociaux, celui du film est un lieu de rencontres où des New-yorkais, toutes orientations sexuelles confondues, viennent oublier leur solitude en s'envoyant en l'air. Les scènes d'amour très crues, dont une étonnante séquence d'auto-fellation célèbrent l'amour physique. Le réalisateur rend aussi sensible le sentiment de tristesse sur lequel restent certains protagonistes en quête de l'âme soeur dans une mégapole inhumaine. « Aujourd'hui, c'est comme les années 1960 avec l'espoir en moins », dit un travesti, résumant en une réplique ce beau film doux-amer.

Caroline Vié