«Le roi et l'oiseau», une pure merveille à redécouvrir

CINEMA Si vous n'avez pas vu «Le roi et l'oiseau», on vous envie de le découvrir. Si vous connaissez ce chef-d'oeuvre, l'heure est venue de le déguster sur grand écran...

Caroline Vié

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 «Le Roi et l'oiseau» de Paul Grimault et Jacques Prévert.
 «Le Roi et l'oiseau» de Paul Grimault et Jacques Prévert. — Sophie Dulac Distribution

Chef-d’œuvre est un mot trop souvent galvaudé. Il prend tout son sens pour Le Roi et l’oiseau, bijou de l’animation né de la complicité entre Paul Grimault (1905-1994) et Jacques Prévert (1900-1977). Les aventures d’un souverain tyrannique, d’un volatile insolent, d’une jolie bergère et d’un petit ramoneur ressortent aujourd’hui en version restaurée. Un enchantement.

Pondu dans la douleur

C’est en 1946, juste après leur première collaboration pour le court-métrage Le Petit Soldat (visible dans l'anthologie La Table tournante) que Prévert et Grimault lancent le projet. Le film sera interrompu quatre ans plus tard, à la suite d'une dispute du réalisateur avec l’un de ses associés. En 1953, une version désavouée par ses auteurs et rebaptisée La Bergère et le ramoneur sera distribuée en salle. Il faudra attendre 1979 pour que Paul Grimault parvienne enfin à reprendre la main et à terminer son film couronné par le Prix Louis Delluc la même année. «C’est l’un des films d’animation que je revois le plus souvent et certainement l’un de ceux qui m’a le plus influencé pour mon film Le château dans le ciel», a expliqué Hayao Miyazaki à 20 Minutes. En 2008, une merveilleuse exposition organisée à l’abbaye de Fontevraud revenait sur la parenté entre les deux cinéastes. Après avoir failli disparaître définitivement, ce grand moment de cinéma a été retrouvé ses couleurs et sa beauté grâce à deux ans de restauration supervisée par Béatrice Valbin-Constant. Le revoir aujourd’hui, c’est plonger dans l’univers de grands créateurs. La poésie qui se dégage du Roi et l’oiseau est simplement éternelle.