Ari Folman nous invite au «Congrès»

CINEMA Ari Folman, réalisateur de «Valse avec Bachir» renoue avec l’animation pour «Le Congrès»…

Caroline Vié

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 «Le Congrès» d'Ari Folman.
 «Le Congrès» d'Ari Folman. — ARP

Dans Le Congrès, Ari Folman s’est inspiré d’un livre de Santislas Lem pour osciller entre réalité et fiction, entre prises de vue réelles et animation, entre passé douloureux et futur inquiétant. Le réalisateur de Valse avec Bachir offre un rôle merveilleux à Robin Wright dans ce conte fascinant. La comédienne se livre comme rarement dans le rôle d’une actrice sur le déclin acceptant de se faire scanner pour que son image rajeunie continue à tourner à sa place.

 Un film d’une incroyable richesse

Ari Folman multiplie les séquences d’anthologie dans ce film foisonnant dont certaines séquences marquent durablement. La scène où la belle Robin passe du rire aux larmes pour faire enregistrer les différentes expressions qu’utilisera son avatar est brillante tout comme celle où elle débarque dans un univers animé tellement riche qu’il faudrait revoir le film image par image pour en saisir tous les détails. «Ari est un réalisateur exigeant qui nous surprenait constamment par la précision de ses explications,» a déclaré Danny Huston à 20 Minutes. Le fils de John Huston s’est régalé à camper un producteur véreux à la fois en live et animation. «Ari a voulu utiliser la rotoscopie, une technique qui permet de redessiner sur les acteurs afin de retrouver le look des dessins animé à l’ancienne, celle qu’utilisaient les frères Fleischer, créateurs de Betty Boop, »précise Huston. On pense davantage à Yellow Submarine (George Dunning, 1968) devant ce délire au look furieusement seventies dont l’humour cache une réflexion sur des sujets aussi sérieux que l’art, le vieillissement et le droit à l’image. Folman est un philosophe badin maniant les changements de tons avec virtuosité. Son film n’est pas exempt de maladresses, mais son originalité force au respect.  

Un maître de l’animation

Ari Folman avait déjà surpris en livrant un documentaire animé avec Valse avec Bachir (2008), César du meilleur film étranger en 2009. Il avait fait appel à Yoni Goodman, directeur de l’animation pour ce film. On peut découvrir le travail de cet artiste remarquable sur son site. Il a supervisé les deux cents artistes qui ont effectués les 60 000 dessins réalisés à la main pour la partie animée du Congrès.