Trois questions à Guillermo del Toro

©2006 20 minutes

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Magicien à l'image comme au fil du récit, Guillermo Del Toro alterne  habilement, dans cette production hispano-mexicaine, conte fantastique et peinture de la réalité fasciste.
Magicien à l'image comme au fil du récit, Guillermo Del Toro alterne habilement, dans cette production hispano-mexicaine, conte fantastique et peinture de la réalité fasciste. — Pascal Guyot AFP/Archives

Guillermo del Toro, réalisateur.

Le Labyrinthe de Pan est-il proche de vous ?

L'héroïne me ressemble. Comme elle, je me racontais des histoires terrifiantes quand j'étais petit. Il m'arrivait même de me faire peur. C'est d'ailleurs après une crise de trouille phénoménale que je me suis juré de célébrer les monstres. Il me fallait conjurer le sort.

Pourquoi avoir mêlé la réalité historique au genre fantastique ?

Ces deux aspects d'un monde terrifiant me semblaient complémentaires. Mon héroïne se débrouille d'ailleurs plutôt bien face la violence. Les enfants sont plus résistants que les adultes aiment à le croire. Ils ont une capacité d'adaptation extraordinaire. 3

Pourquoi le film est-il si sombre ?

Je ne suis pas l'homme le plus optimiste de la Terre... Voilà sans doute pourquoi la noirceur de la nature humaine me fascine. C'est peut-être encore une façon d'apprivoiser les monstres, qu'ils soient issus de mon imagination ou de la réalité.