Pourquoi les génériques de fin des dessins animés sont déjantés

Caroline Vié

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Pierre Coffin à Hollywood avec Pat, Lili et les lapinous, Stan et les Minions.
Pierre Coffin à Hollywood avec Pat, Lili et les lapinous, Stan et les Minions. —

Chris Renaud et Pierre Coffin en ont été les premiers surpris. Le générique final du premier Moi, moche et méchant a fait un carton après du public, contribuant pour beaucoup à la popularité internationale des minions. «A l’origine, on avait mis ces petits suppléments pour s’amuser avec la 3D. On pensait que personne ne les verrait ! Nous n’en revenions pas de voir les spectateurs rester et applaudir.»


Moi moche et méchant - Générique de fin par Abunai-san

Un processus bien rodé

Ce qui a commencé comme une blague fait maintenant partie du processus de création des deux complices. «Dans Moi, moche et méchant 2, on montre un casting des minions pour le futur long-métrage dont ils seront les héros. Les fans pourront ainsi se familiariser avec les personnages du prochain film», précise Renaud, qui réalisera seul ces aventures. Les deux créateurs ne sont cependant pas les seuls à tirer le meilleur parti de leurs génériques. Tous les grands studios ont sauté le pas.

Chez Pixar, la fin est un art

«Quand j’ai décidé de tourner des fausses prises ratées pour Toy Story 2, c’était pour que les spectateurs quittent la salle le sourire aux lèvres, a expliqué John Lasseter à 20 Minutes. Les gens sont contents de se dire qu’ils ont eu un petit bonus avant de s’en aller.» Lasseter va encore plus loin en faisant intervenir des artistes différents pour dessiner les cartons des ses productions. «Cela offre un regard novateur sur l’univers du film tout en débusquant des talents», dit-il. Le générique de Wall-E d’Andrew Stanton est exemple particulièrement réussi. Réalisé par Jim Capobianco, il constitue une réussite à part entière en offrant une véritable histoire de l’art.

Joindre l’agréable à l’utile

«Terminer sur une note joyeuse et musicale avec les héros du film est une bonne façon de clore sur une note positive tout en invitant les spectateurs à acquérir la bande-son», souligne Genndy Tartakovsky, réalisateur d’Hôtel Transylvanie. «Il arrive même que cela encourage le public à lire le générique», s’amuse Kelly Asbury, l’un des réalisateurs de Shrek 2. On vous conseille de prendre la saine habitude de guetter ses petites surprises surnommées «stingers» par les américains qui leur ont même consacré un site permettant de les débusquer.