«Blackbird», la présomption d'innocence en question

Caroline Vié

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Alexis Fast (à gauche) et Connor Jessup (à droite) dans «Blackbird» du Canadien Jason Buxton.
Alexis Fast (à gauche) et Connor Jessup (à droite) dans «Blackbird» du Canadien Jason Buxton. — Zed

Un gamin mal dans sa peau se lâche sur Internet. Mais il ignore qu’au nom du principe de précaution, il va se retrouver du jour au lendemain traité comme un criminel soupçonné d’avoir mis au point un plan diabolique pour éliminer ses camarades. Blackbird, premier long-métrage du Canadien Jason Buxton, fait vraiment peur par sa façon de montrer comment un adolescent complexé peut voir sa vie basculer du jour au lendemain.

Nous sommes tous des «blackbirds»

N’importe qui pourrait être à la place du héros du film, dont la seule faute a été de se défouler en écrivant une fiction sur Internet. Ce constat glaçant prend rapidement le spectateur à la gorge. Le calvaire que subit ce jeune homme (brillamment incarné par le débutant Connor Jessup) est un appel à se souvenir que la présomption d’innocence ne devrait pas être un concept dépourvu de sens. Les prix du meilleur film canadien qui ont récompensé Blackbird aux festivals de Vancouver et de Toronto démontrent que ce film puissant a déjà été reconnu dans son pays. A la France de le découvrir au plus vite. Il en vaut la peine.