«L’inconnu du lac»: Ce baiser gay qui choque Versailles et Saind-Cloud

CINEMA Les deux villes ont fait retirer les affiches du film «L'Inconnu du lac» après des plaintes d'habitants choqués...

Stéphane Leblanc

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L'Affiche du film "L'Inconnu du lac"
L'Affiche du film "L'Inconnu du lac" — Tom de Pékin / Les Films du Losange

Qui en veut à L’Inconnu du lac? Ce lundi, les mairies de Saint-Cloud et de Versailles ont fait retirer les affiches du dernier film d’Alain Guiraudie, primé à Cannes, et qui sort mercredi. Les Films du Losange, qui ont produit et qui distribuent L’Inconnu du lac, s’en sont émus lundi matin sur Twitter.

Interrogée par 20 Minutes, la direction de la communication de JC Decaux confirme que les affiches ont été retirées «à la demande des municipalités de Saint-Cloud et Versailles»: «Nous sommes en contrat avec les villes et quand une mairie demande de désafficher, on désaffiche.» L’afficheur estime cependant qu’une telle demande reste «extrêmement rare». La dernière en date concernait l’affiche du film Les Infidèles.

Une affiche «ni provocante, ni choquante»

Si le film, interdit aux moins de 16 ans, raconte les aventures sexuellement débridées de deux hommes sur un lieu de drague au bord d’un lac, l’affiche crayonnée par l’artiste Tom de Pékin, dont on peut voir les dessins sur son Tumblr, est moins immédiatement explicite… «Elle est très belle et je n’y vois rien de provocant ou de choquant», confie à 20 Minutes Régine Vial, la responsable de la distribution aux Films du Losange. Au premier plan, un couple d’hommes s’embrasse, tandis que deux silhouettes colorées au fond de l’image adoptent une posture pouvant évoquer une fellation.

Il n’en fallait sans doute pas plus pour heurter la sensibilité de quelques badauds. Une vingtaine, selon la mairie de Saint-Cloud, interrogée par le site Rue 89: «On a été harcelés de coup de fils, de mails depuis jeudi dernier. Certains Clodoaldiens se sont déplacés en personne à la mairie», tandis que celle de Versailles confiait au pure player «comprendre que l’affiche puisse choquer un public qui se retrouve désarmé face à des affiches qui abordent la sexualité dans la rue.»  Ce public comptait faire pression sur d’autres villes.

De son côté, JC Decaux assure n’avoir «reçu aucune autre demande».

«Nous n’avons pas remis en question l’interdiction du film aux moins de 16 ans», rappelle de son côté Régine Vial. Mais «cette histoire qui ne concerne que cinq affiches, situées dans des villes où L’Inconnu du lac n’est même pas programmé, est quand même un acte extrêmement violent.»