Sous le charme de «La Fille du 14 Juillet»

CINEMA Antonin Peretjatko signe une comédie fantasque et légère, «La Fille du 14 Juillet»…

Stéphane Leblanc

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L’acteur Vincent Macaigne dans «La fille du 14 juillet».

 
L’acteur Vincent Macaigne dans «La fille du 14 juillet».   — SHELLAC

A Albert Delpy qui lui demande «Vous n'êtes pas un peu jeune pour être médecin?» Vincent Macaigne répond «Je vous rassure, je le suis de moins en moins.» Exercice illégal de la médecine ? Un jeu dangereux qui incite Pator, trentenaire barbu, à fuir Paris et suivre Hector, son pote amoureux d’une fille rencontrée le 14 Juillet.

Un peu escrocs, fauchés par nature et romantiques à l’excès, ils empruntent les petites routes de France dont les caisses sont vides car c’est la crise. La Fille du 14 Juillet n’est pas un brûlot économique ou politique, juste une comédie singulière et craquante avec son côté marabout de ficelle, ses écarts surréalistes et ses digressions poétiques. On pense au Jacques Rozier d’Adieu Philippine, au Bunuel du Fantôme de la liberté. Antonin Peretjatko, le réalisateur, est connu pour ses making of des films de Jacques Audiard et pour ses courts-métrages.

Quand il s’essaie au long, il ralentit l’image pour accélérer le son, multiplie les faux raccords comme autant de fausses pistes, pour rire. «Ma vie est un brouillon de mes films», dit-il. Et ce film-là fait du bien à la vie.