Une Palme d'or méritée pour «La vie d'Adèle»

CANNES Steven Spielberg et ses jurés ont rendu leurs verdict. Retour sur un palmarès riche en bonheurs et en surprises...

Caroline Vié

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Léa Seydoux, Abdellatif Kechiche et Adèle Exarchopoulos reçoivent la Palme d'or à Cannes
Léa Seydoux, Abdellatif Kechiche et Adèle Exarchopoulos reçoivent la Palme d'or à Cannes — L. VENANCE / AFP

Steven Spielberg et ses complices du jury ont réservé bon nombre de surprises, ce dimanche soir, en attribuant leurs récompenses dans une sélection haut de gamme. On n’osait l’espérer, mais c’est arrivé : ils on eu la bonne idée de donner la récompense suprême à Abellatif Kechiche pour La vie d’Adèle - chapitre 1 et 2 en mettant l’accent les performances de ses deux comédiennes. Léa Seydoux et la révélation du Festival Adèle Exarchopoulos méritaient bien de monter sur la scène du Grand Théâtre Lumière pour cette histoire d’amour bouleversante entre deux jeunes femmes. Bravo à tous pour ne pas s’être laissés intimider par les séquences de sexe explicites, dont on craignait qu’elles ne choquent les juges anglo-saxons.

Que de surprises...

On est aussi ravis de voir les excellents frères Coen recevoir le Grand Prix du Jury pour Inside Llewyn Davis, délicieux portrait d’un musicien raté dans le New York des années 60. Comme on se réjouit d’avoir vu monter le Japonais Hirokazu Kore-Eda sur scène pour Tel père, tel fils, poignante histoire d’échange de bébés, et le Chinois Jia Zhangke récompensé pour le scénario du brillant A Touch of Sin, quatre histoires destinées à analyser la violence dans son pays. Plus surprenante est la présence de Bruce Dern pour Nebraska d’Alexander Payne. Certes, le comédien de 72 printemps est épatant dans ce road-movie touchant, mais certaines autres performances avaient davantage émus les festivaliers, comme celle de Toni Servillo pour La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino et celle de Michael Douglas pour Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh, deux œuvres absentes du palmarès. On peut aussi comprendre que Bérénice Bejo ait semblé réellement surprise de recevoir le prix d’interprétation féminine pour Le Passé d'Asghar Farhadi, bien qu’on soit heureux pour elle.

La surprise était encore plus grande pour le prix de la mise en scène remis au Mexicain Amat Escalante pour Heli, mélange de longs plans séquences et de scènes de violence très graphiques conçu pour dénoncer la brutalité des cartels. «Voilà, c’est fini ! A l’année prochaine», a conclu Audrey Tautou, maîtresse de cérémonie.

Une caméra d'or pour Singapour

Anthony Chen, 28 ans,  était visiblement très ému de recevoir la Caméra d’or, récompensant le meilleur premier film, des mains d’Agnès Varda et Zhang Ziyi. Ilo Ilo, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, a valu à un long métrage de Singapour d’être honoré pour la première fois à Cannes. Cette chronique en partie autobiographique décrit la vie d’une famille en crise, avec une grande délicatesse.