Cannes: Le réalisateur de «Tabou» récompense «Salvo» et lève le voile sur son prochain film

CANNES Le cinéaste portugais Miguel Gomes justifie les prix décernés à «Salvo» à la Semaine de la critique et dévoile son projet d’adaptation des 1001 Nuits…

Stéphane Leblanc

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Le film Salvo, des italiens Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, Révélation et Grand prix de la Semaine de la critique 2013
Le film Salvo, des italiens Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, Révélation et Grand prix de la Semaine de la critique 2013 — DR

Deux prix pour le même premier film, Salvo. Les italiens Fabio Grassadonia et Antonio Piazza ont remporté jeudi soir les deux premiers prix importants décernés à Cannes: celui de la Révélation de la Semaine de la critique, remis par un jury présidé par la réalisatrice Mia Hansen-Love, et le Grand prix de la Semaine de la critique, remis par un autre jury, présidé par le cinéaste Miguel Gomes. C’est dire l’unanimité suscitée par ce thriller qui vire au drame sentimental.

Miguel Gomes a assuré ce vendredi à 20 Minutes que «les deux jurys ne se sont pas du tout concertés». Et le réalisateur de Tabou, film qui s’était taillé un beau succès en salles cet hiver, d’expliquer que Salvo est, selon lui, «un film très particulier et important» au regard de la sélection. «Ce qui m’a frappé, dit-il, ce sont ses deux parties distinctes: la première très sèche, l’histoire d’un tueur de la mafia, le fameux Salvo du titre, et la seconde plus sensible, quand il va tomber amoureux de la sœur aveugle d’une de ses victimes. D’un coup, il se produit un court-circuit et le film devient terriblement émouvant.»

Cette structure en deux parties, «avec des choses bizarres à l’intérieur», n’est pas sans rappeler celle des trois premiers films de Miguel Gomes, La Gueule que tu mérites (2004), Ce cher mois d’août (2008) et Tabou (2012). Une façon de construire un récit en le morcelant et en le déconstruisant qu’on devrait retrouver dans son adaptation moderne des 1001 nuits, un film qu’il tournera «pendant un an, entre septembre 2013 et septembre 2014», en faisant raconter par une Sheherazade cinéaste 1001 histoires puisées dans l’actualité du Portugal d’aujourd’hui.

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