Vithaya Pansringarm, la révélation de «Only God Forgives»

CANNES Retenez bien le nom de Vithaya Pansringarm. Vous n'avez pas fini d'entendre parler de cet acteur thaïlandais épatant qui joue dans le film (en Compétition) de Nicolas Winding Refn...

Caroline Vié

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Vithaya Pansringarm dans Only god forgives de Nicolas Winding Refn.
Vithaya Pansringarm dans Only god forgives de Nicolas Winding Refn. — Kapong ShiKornporiphan

Dans Only God Forgives, Vithaya Pansringarm manie les brochettes de la plus sadique des façons et joue du sabre comme d’autre du violon. Dans la vie, il est charmant. 20 Minutes l’a rencontré pour vous.

Après l’avoir vu dans Only God Forgives, on avait presque peur de rencontrer Vithaya Pansringarm. «Appelez-moi Pu, c’est mon surnom» dit immédiatament, en anglais, cet quinquagénaire au sourire chaleureux. Il éclate de rire quand on lui dit l’avoir trouvé terrifiant à l’écran. «Je dirige une école de danse à Bangkok. Vous changeriez d’avis si me voyiez en train de recoudre le tutu d’une petite fille!» Il y a près de trois ans que Nicolas Winding Refn l’a choisi pour incarner le flic justicier d’Only God Forgives. «Il m’a fait parler de moi, de ma vie, de mes idées», se souvient Pu, devenu acteur presque par accident dans quelques productions thaïlandaises avant de devoir donner la réplique à Ryan Gosling.

Un maître des arts martiaux

La production interrompue par le tournage de Drive s’est étendue sur près de trois ans. «Nicolas ne m’a pas ménagé. Il m’a fait suivre un régime pour que je perde du poids car je suis plutôt rond de nature puis j’ai dû m’initier à la boxe pendant une dizaine de mois.» Le comédien est aussi un maitre du kendo, art martial consistant à manier le sabre, dont il fait une démonstration éblouissante. «Nicolas a changé l’arme de prédilection du personnage pour moi, dit-il. Il m’a fait fabriquer un sabre par l’un des meilleurs spécialistes de la ville qui se trouve être l’un de mes élèves.» Pu ne tarit pas d’éloge sur le cinéaste. «C’est un homme ouvert aux autres cultures qui écoute vous suggestions pour être le plus juste possible dans la description de votre pays.» Pu n’en revient pas d’être à Cannes alors que, deux jours auparavant, il assistait au spectacle des élèves de son école en Thaïlande. «Je suis prêt à saisir toutes les opportunités qui me seront offertes», dit-il avant de repartir dans son pays pour incarner un rôle de bourreau. Gageons qu’Hollywood ne tardera pas à faire de l’œil à Pu…