Comédiens: Etes-vous plutôt book ou Facebook?

CANNES Facebook, Twitter et les réseaux sociaux, ce sont des centaines de réalisateurs à portée de clic… Pour autant, les jeunes comédiens en quête de rôles sont-ils dupes? Réponses avec quelques jeunes Talents Cannes de l’Adami…

Stéphane Leblanc

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Clément Sibony, Élodie Navarre, Bellamine Abdelmalek, Julia Piaton à Cannes en 2013.
Clément Sibony, Élodie Navarre, Bellamine Abdelmalek, Julia Piaton à Cannes en 2013. — STEPHANE LEBLANC/20 MINUTES

L’opération Talents Cannes de l’Adami fête ses 20 ans… Vingt ans consacrés à mettre en avant, par des courts-métrages présentés sur la Croisette, le talent de jeunes comédiens triés sur le volet… Vingt ans, c’est aussi une génération, dans laquelle les jeunes comédiens ont radicalement chargé leur manière de se faire connaître… Témoignages de deux « anciens » jeunes comédiens, Elodie Navarre et Clément Sibony et deux nouveaux, Julia Piaton et Bellamine Abdelmalek…

Etes vous plutôt book?...

Quand on leur parle du «book», ce dossier avec des photos réalisées en studio, les plus jeunes rigolent: «Je n’en ai jamais vu, je crois qu’aucune de mes connaissances n’y a jamais eu recours», concède Bellamine Abdelmalek. «Ah, le book, je me souviens…, lâche Clément Sibony. A cette époque il fallait aussi s’inscrire dans le Bottin des acteurs, qu’on retrouvait chez tous les directeurs de castings.» «Et payer sa cotisation, ajoute Elodie Navarre : 150 francs à l’année.» «C’était la préhistoire», conclut-elle.

… Ou Facebook?

Les jeunes comédiens ne mentent pas lorsqu’ils disent ne pas être «de bons clients des réseaux sociaux» Facebook, tous l’utilisent. Mais avec modération. «Pour la première fois avec Facebook, les jeunes acteurs ont eu l’impression qu’ils pouvaient se passer des agents. C’est faux. J’ai écrit à Cédric Klapisch,par exemple,  il ne m’a jamais répondu», s’amuse Elodie Navarre. «Je n’aime pas m’exposer», affirme Bellamine Abdelmalek. Certains mettent des photos sur Facebook, pas moi.»

«Il faut surtout bien séparer vie professionnelle et vie privée», estime Julia Piaton, qui se dit « tentée d’annoncer la bonne nouvelle d’un engagement sur Facebook », là où elle «met aussi [ses] photos de vacances ». «Moi, je n’en ai pas besoin», estime Clément Sibony, qui reconnaît tout de même son utilité «pour ce qui demande de la hargne, de la volonté, comme pour le film Donoma». Pour monter un projet de toute pièce, «ça peut être une excellente rampe de lancement», nuance le comédien.

Et Twitter?

 «Les acteurs ne sont pas sur Twitter», estime Clément Sibony. «Je n’ai toujours pas compris comment ça marche», lâche Elodie Navarre. «Il paraît qu’il y a un Twitter vidéo avec des vidéos qui ne doivent pas dépasser 12 ou 16 secondes», croit savoir Julia Piaton.

Et YouTube?

Plus que Facebook, YouTube est considéré comme une vitrine utile. «J’ai effectivement regardé toutes les bandes démos des jeunes comédiens que je voulais choisir pour mon court métrage des Talents Cannes de l’Adami», déclare consciencieusement Elodie Navarre. «Je ne sais pas si Klapisch irait voir ma vidéo sur YouTube», plaisante Julia Piaton. Et Clément Sibony de conclure avec humour: « De toute façon, pour tourner dans un film, on n’a encore rien inventé de mieux que de coucher.»