Nicolas Winding Refn: «Pour moi, "Only God Forgives" n'est pas un film violent»

CANNES Deux ans après «Drive», Nicolas Winding Refn revient avec un drame violent et intense...

Caroline Vié

— 

Sélection officielle du festival de Cannes 2013: Only god forgives de Nicolas Winding Refn
Sélection officielle du festival de Cannes 2013: Only god forgives de Nicolas Winding Refn — FESTIVAL DE CANNES

Nicolas Winding Refn avait obtenu le prix de la mise en scène pour Drive en 2011. Le voici de retour sur la Croisette avec Only God Forgives, histoire de vengeance radicale et envoûtante. Rencontre avec un cinéaste comblé.

Etait-il difficile de réaliser un autre film après le succès de Drive?

Non car j’avais commencé à travailler sur Only God Forgives avant de le lancer dans Drive. J’ai donc repris le projet où je l’avais laissé. C’était un processus naturel.

D’où vient votre goût pour la violence?

J’estime ne pas réaliser des films violents, mais des œuvres avec des moments de violence. J’aime la fascination qu’elle exerce sur le spectateur de cinéma, mais je ne la glorifie pas.

Le personnage de la mère, garce manipulatrice et sadique, est très sexy…

C’est sans doute parce que, comme tous les hommes, j’ai des rapports compliqués avec maman! J’adore les femmes fortes! Je compte d’ailleurs réaliser bientôt un film d’horreur uniquement interprété par des femmes. Mes films sont trop masculins.

Pensez-vous que Steven Spielberg pourra apprécier votre film?

Spielberg est devenu une légende vivante et on a tendance à oublier qu’il a commencé en tournant des fims de genre comme Duel et Sugarland Express. C’est un vrai cinéphile et je suis persuadé qu’il a des goûts plus larges que ce qu’on peut imaginer.

Vous vous imaginez avec la Palme d’or?

Je préfère ne pas y penser. De toute façon, ce festival est déjà mémorable pour moi: non seulement je montre mon film, mais j’ai aussi passé du temps avec Alejandro Jodorowsky, mon idole que j’ai même présenté sur la scène de la Quinzaine des réalisateurs. Même si je n’ai pas de prix, je rentrerai chez moi comblé!

Radicalement vôtre...

Les fans de Drive risquent d’être surpris en découvrant ce drame fascinant bien plus proche du Guerrier silencieux que du précédent film de Nicolas Winding Refn. Ce poème violent et contemplatif repose sur les épaules de Kristin Scott Thomas, éblouissante en maman glaçante, et de Vithaya Pansringarm, ange de la mort et as des arts martiaux. Ils volent la vedette à un Ryan Gosling volontairement effacé dans la peau d’un petit malfrat écrasé par sa mère. Cette œuvre violente et belle n’est pas à mettre devant tous les yeux, mais il s’agit sans aucun doute de grand cinéma.